Garder nos aînés dans leur maison!
Le gouvernement Marois a déposé la semaine dernière un livre blanc sur le maintien à domicile des aînés en perte d’autonomie. Des emplois en perspective pour bien du monde!
Ce livre blanc se base sur des faits implacables. Outre le Japon, le Québec est de toutes les sociétés celle qui vieillit le plus vite au monde. En 2006, selon l’Institut de la statistique, les 65 ans et plus représentaient 14 % de la population du Québec. D’ici 2056, ce pourcentage doublera pour atteindre 28 %. Il y aura alors 45 personnes de 65 ans et plus pour chaque 100 personnes en âge de travailler. Comme les capacités diminuent avec l’âge, la population vieillissante aura des besoins croissants de services de santé.
Pour le gouvernement, il est impensable de continuer à répondre à ces besoins comme on le fait présentement, en déménageant les personnes âgées dans des établissements ou des résidences. Il faudrait construire des lieux de services à des coûts faramineux. Il désire plutôt encourager les aînés à demeurer dans leur domicile le plus longtemps possible et plusieurs en seraient tout à fait capables s’ils recevaient des services appropriés. Ce sont ces derniers qui manquent trop souvent.
Ces services à domicile incluraient des soins infirmiers, d’aide à la nutrition, de réadaptation et certains services psychosociaux. Des services d’aide à la vie domestique (ménage, courses, etc.) pourraient également être fournis. Ils seraient rendus par les CLSC, des entreprises d’économie sociale, des organismes communautaires ou même le privé, selon leurs diverses expertises. Les aînés recevraient une «allocation autonomie» pour en couvrir les frais et choisiraient eux-mêmes leur prestataire de service.
Évidemment, ces soins à domicile sont déjà offerts partout au Québec, mais si les propositions du livre blanc sont appliquées telles quelles, ce sera à l’avenir dans des proportions beaucoup plus importantes. L’institutionnalisation quasi-systématique des personnes âgées, telle qu’on la connaît aujourd’hui, serait chose du passé et une forte proportion d’entre eux occuperaient leur domicile beaucoup plus longtemps que ce n’est le cas présentement.
Cela signifie plus de travail pour bien du monde, particulièrement les ergothérapeutes, qui sont experts à aider les personnes en perte d’autonomie à demeurer fonctionnelles à la maison. Il y aura aussi une demande importante pour les infirmières, les auxiliaires familiales et les préposés aux bénéficiaires. Plusieurs entreprises d’économie sociale, qui offrent des services d’aide domestique aux personnes âgées, verront aussi s’accroître la demande.
Malheureusement, ces corps d’emploi sont déjà très recherchés. Comme on le sait, le personnel infirmier est en nombre insuffisant et il en est de même des ergothérapeutes. Sera-t-il alors possible de mettre en place ces nouvelles mesures aussi rapidement que le gouvernement l’espère, soit entre 2014 et 2016? Une chose est claire, le maintien à domicile créera, bientôt ou plus tard, bien des occasions d’emploi.