Le campement des indignés montréalais s'étend
Le campement des indignés d’Occupons Montréal prend de l’ampleur. Si le Square Victoria abritait samedi 80 tentes, il y en avait, à mi-journée lundi, plus de 120, dans ce qui s’appelle désormais la place du Peuple.
Malgré le mauvais temps, le moral est au beau fixe. «On reçoit des dons en argent, de la nourriture, des couvertures tout est propre tout s’organise à une vitesse incroyable», s’enthousiasme Frédéric Carmel qui travaille dans l’administration publique.
Le défi actuel consiste à rendre le campement wi-fi et à se procurer une génératrice pour faire fonctionner une cuisinière et recharger les ordinateurs afin d’optimiser les opérations de logistique et de communication. L’autre défi consiste à se doter de toilettes chimiques. Signe de solidarité, un fournisseur de toilettes portatives est venu spontanément proposer son matériel.
«On reçoit aussi la visite de gens des tours à bureaux des alentours qui viennent prendre un café pour discuter», se félicite Marc-André Viau, étudiant en architecture. Signe de la bonne organisation, les allées sont propres et des sacs de poubelles pour le recyclage et le compostage ont été installés. Bref, les indignés adoptent parfaitement la phrase de Ghandi qui trône à l’entrée du site: «Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde». Accessoirement, en gardant l’endroit intact et calme, les militants évitent de donner des motifs d’intervention à la police.
Le campement qui est autogéré ne compte aucun leader. Lors des assemblées générales qui se tiennent chaque jour, on retrouve aussi bien des anarchistes que des indépendantistes, des militants pour les droits humains, des altermondialistes, ainsi que des itinérants qui trouvent là le gite, le couvert et aussi de nombreuses occasions de briser leur solitude.
Les indignés visent désormais le cap des 150 tentes et ont déjà prévu de s’étendre sur la partie gazonnée, au nord du square.