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Se découvrir grâce aux arts

Photo: Vincent Fortier/collaboration spéciale

Dans le cadre de la Semaine pour l’école publique, qui commence lundi et dont le thème est Une école en art, Métro s’est rendu sur le terrain pour savoir comment l’enseignement des arts influence les jeunes.

Nathalie Racine n’avait pas mis les pieds à l’école Le Plateau depuis belle lurette. Il y a 40 ans, l’altiste, qui en est à sa 24e saison avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), touchait un violon pour la première fois de sa vie. Sur les bancs de l’école, en deuxième année.

«Mes parents n’avaient pas les moyens de m’acheter un instrument ou de me payer des cours privés, raconte la musicienne. Si je n’avais pas eu accès à la musique à l’école, c’est certain que je ne serais pas là où je suis aujourd’hui.»

La semaine dernière, Mme Racine a visité son école primaire, sise au cœur du parc La Fontaine, où l’OSM a eu sa toute première «maison symphonique», dans les années 1930. Devant des élèves aux oreilles grandes ouvertes, elle a joué quelques morceaux après avoir fait ses gammes avec les jeunes. Comme lorsque l’altiste y était, l’école Le Plateau offre un programme mixte académique et musical. C’est donc dire que les 490 élèves y consacrent près de 50 % de leur temps à la musique.

«On ne souhaite pas en faire des virtuoses, souligne le directeur de l’établissement, Guy Coisman. On souhaite que les élèves apprennent à travailler en équipe.» En deuxième année, Nathalie Racine était loin de se douter qu’elle ferait de la musique une carrière. «Ça m’a toutefois permis de tracer ma voie, reconnaît celle qui a poursuivi ses études au public, à l’école secondaire Joseph-François-Perrault, puis au conservatoire. L’important c’est de sensibiliser les jeunes aux arts.»

À l’école secondaire Lucille-Teasdale, à Blainville, Josiane et Ariane, maintenant en 5e secondaire, regardent leur enseignante Claude Imbeau donner ses instructions à des élèves plus jeunes, installées à la barre, dans la classe de danse classique. Les deux ados suivent les classes de Mme Imbeau depuis qu’elles sont arrivées à Lucille-Teasdale, il y a quatre ans. «C’est à cause du profil danse que je suis venue ici», explique Ariane. «C’est sûr que ça m’a aidée à apprécier davantage l’école», ajoute Josiane.

À raison de 6 périodes de 75 minutes par cycle horaire de 9 jours, les élèves – surtout des filles – apprennent la danse classique, le jazz et la danse de rue. Pas besoin d’avoir dansé auparavant pour être admise. «C’est ouvert à tout le monde, assure Mme Imbeau, qui indique que la danse apporte un tas de choses aux élèves. Ça leur permet de bouger, mais aussi de se dépasser, de s’exprimer et, surtout, de se respecter eux-mêmes.»

Même si l’art n’occupe pas une place prépondérante dans toutes les écoles, on en comprend de plus en plus les bienfaits. «Ce n’est plus qu’instrumental, indique Jean-Luc Arseneau, enseignant en arts plastiques à l’école secondaire Joseph-François-Perrault, à Montréal. Avant, c’était une ‘‘petite matière’’.» Les arts sont désormais un domaine d’apprentissage du programme.

Chaque école propose au moins deux des quatre formes d’art enseignées au Québec : arts plastiques, musique, art dramatique et danse. Il appartient au groupe-école de chaque établissement de choisir les disciplines qui sont, dans la majorité des cas, enseignées par des spécialistes. Mais rien ne l’y oblige, ce qui fait que des titulaires se retrouvent parfois à enseigner la musique ou les arts plastiques sans aucun bagage.

À la Commission scolaire de Laval (CSDL), on a choisi, il y a 10 ans, de se doter d’une politique culturelle et de créer un poste de conseillère pédagogique pour les arts. Francine Auger s’occupe donc de former et d’aiguiller les 176 enseignants spécialistes en art. «Ça nous a permis de mettre davantage l’accent sur les arts, dit-elle, ajoutant que les moyens sont maigres. Il faut être créatifs.»

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Difficile de quantifier les effets de l’art à l’école, mais plusieurs sont d’avis que les bienfaits sont palpables. «C’est un excellent antidote contre le décrochage, croit Pierre Beaudry, tromboniste à l’OSM, qui va souvent rencontrer les jeunes dans les écoles. Ça peut même faire monter les notes.»

Nathalie Lavigne, enseignante en adaptation scolaire à l’école Les explorateurs, à Laval, est aussi témoin du pouvoir des projets artistiques qui lui servent à enseigner toutes sortes de matières. «Si le projet artistique les intéresse, ils vont s’accrocher, raconte-t-elle. C’est difficile de mesurer l’incidence sur les notes, mais la lumière dans leurs yeux, la fierté, ça, ça se mesure.»

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