Deux militants contre la chasse à la baleine sanctionnés
Une vingtaine de militants de Greenpeace ont manifesté lundi devant l’ambassade du Japon à Montréal. Vêtus d’habits noirs, ils arboraient les photos de Junichi Sato et Toru Suzuki, deux confrères japonais, condamnés quelques heures plus tôt à un an de prison avec sursis.
Ces derniers avait volé une caisse de 23 kilogrammes de viande de baleine au navire Nisshin Maru, de retour d’une mission scientifique, avant de la remettre ensuite aux autorités le 15 mai 2008. «Ils n’auraient jamais dû être arrêtés, proteste la coordinatrice de la campagne Océans de Greenpeace, Beth Hunter. Ils ont donné cette caisse comme une preuve de la corruption dans la recherche scientifique japonaise sur les cétacés.»
Un moratoire international interdit la pêche commerciale des baleines depuis 1986, mais le Japon détient des permis spéciaux à des fins scientifiques. Toutefois, selon l’enquête des deux activistes japonais, la viande des animaux serait récupérée par les membres des équipages avant d’être revendue au marché noir. Leurs actions avait poussé le procureur du district de Tokyo à lancer une enquête, qui a rapidement avorté.
Greenpeace craint désormais que la sentence de la justice nippone ne décourage les militants contre la chasse à la baleine. Lors de la détention de 26 jours des deux acolytes, surnommés les «Deux de Tokyo», Amnistie internationale avait exprimé ses craintes face aux poursuites du gouvernement japonais, ressemblant à une tentative d’intimidation contre les militants et les organismes non-gouvernementaux.