Labeaume et le nouvel amphithéâtre: encore des zones grises
J’aime Québec! C’est une belle ville. Les gens y sont fiers. Le paysage est féérique. C’est une ville qui bouillonne de projets grâce à son bouillant maire. Il sait ce qu’il veut et il le veut maintenant.
Fort de sa popularité, Régis Labeaume est capable de bouger les montagnes… ou presque. À un point tel que tous les élus semblent pétrifiés. L’idée même de poser une simple question au maire Labeaume les terrifie. Il faut dire que l’homme ne donne pas sa place pour ridiculiser ses détracteurs.
Un phénomène paranormal semble entourer l’homme au taux d’approbation de 80 %. M. Labeaume a un pouvoir d’attraction qui suscite autour de lui des comportements inquiétants. On n’a qu’à penser au premier ministre Charest, qui n’a pas hésité une seconde à garantir 50 % de financement public au projet d’un nouvel amphithéâtre, jusqu’à concurrence de 400 M$. Ou encore à Agnès Maltais, qui maintenant marraine un projet de loi à l’Assemblée nationale visant, et ce n’est plus clair, à protéger l’entente de la Ville de Québec et de Quebecor de toute poursuite judiciaires ou à tout le moins de tout examen pour mieux la sceller.
Tout le monde semble hypnotisé, voire envouté, par le charisme du maire Labeaume. Le leadership à la dure séduit. Il inspire. La Marche bleue, J’ai ma place et les démonstrations de la Nordique Nation dans les villes de la LNH illustrent la détermination de la population de Québec, qui est à l’image de celle de son maire. Si Gary Bettman en doute, il peut demander à Stephen Harper.
Pourtant, il reste des zones grises. Winnipeg aura son équipe dans un aréna ayant coûté 113 M$, dont seulement 40 M$ provenant des différents paliers de gouvernement. Le Centre Bell a coûté 340 M$ privés en dollars constants. Pourquoi 400 M$ entièrement publics pour Québec? Pourquoi aucun d’appel d’offres pour la gestion?
Cela ne veut pas dire que ce ne soit pas juste. On ne souhaite que du bien à la capitale. Cela comprend l’amphithéâtre et le retour des Nordiques. Il ne faut toutefois pas «charrier». Un projet de cette envergure et qui engage autant d’argent public mérite d’être bien ficelé. Quelques mois de plus ou de moins ne sauraient faire une différence. Au contraire, cela pourrait mobiliser encore plus de monde et susciter encore plus de passion. On respire.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.