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La maire de Saguenay sommé d'arrêter de réciter la prière

Marie-Eve Shaffer avec la Presse canadienne - Métro

Le Mouvement laïque québécois (MLQ) a mis en demeure le maire de Saguenay, Jean Tremblay, de se conformer au jugement du Tribunal des droits de la personne qui lui interdit de réciter la prière avant les réunions du conseil municipal.«Le maire est dans une position d’élu qui, en principe, devrait démontrer un grand respect pour les institutions de la justice, a affirmé mardi la présidente du MLQ , Marie-Michelle Poisson. [Avec cette mise en demeure], on veut tester sa probité. Plusieurs de ses déclarations nous inquiètent parce qu’elles ressemblent à un défi des institutions qui existent».

L’organisation donne au maire de Saguenay 48 heures pour aussi retirer les symboles religieux de la salle du conseil municipal, comme l’a prescrit le tribunal, et remettre 30 000$ en dommages moraux et punitifs au citoyen de Saguenay, Alain Simoneau.

S’il refuse de soumettre au jugement du Tribunal des droits de la personne, Jean Tremblay s’expose à des accusations d’outrage au tribunal et il est passible d’une amende allant jusqu’à 50 000$, a indiqué Me Luc Alarie, l’avocat du MLQ. Le maire met aussi son poste en jeu puisqu’une disposition de la Loi sur les élections et les référendums permet au procureur général, à la municipalité ou à un électeur de le faire déclarer inhabile en cas d’inconduite.

M. Tremblay s’est dit surpris de recevoir la mise en demeure du MLQ. «On m’a toujours informé que j’avais 30 jours pour exécuter un jugement», a-t-il fait savoir. Pour la prochaine séance du conseil municipal, qui a lieu lundi prochain, il est «peu probable», selon lui, que les crucifix soit retirés et que la prière ne soit pas prononcée.

Le maire de Saguenay entend faire appel du jugement du Tribunal des droits de la personne. Il a demandé l’aide de la population pour financer le recours en justice. Pas moins de 118 000$ ont été amassés à ce jour.

Si la Cour d’appel accepte d’entendre à nouveau la cause de la Ville de Saguenay, ce n’est pas nécessairement pour donner raison au maire de Saguenay, croit Marie-Michelle Poisson. «Des juges sont très intéressés à examiner les fondements de la présence des symboles religieux dans l’enceinte d’un conseil municipal», a-t-elle expliqué.

«Pas en mon nom, M. le maire»
Le Collectif pour la démocratie à Saguenay a mis en ligne plus tôt cette semaine une vidéo intitulée «Pas en mon nom, M. le maire». Des citoyens y déplorent le fait que le maire de Saguenay, Jean Tremblay, prenne pour acquis leur opinion. «Si la population ne pense pas comme moi, ils vont me le faire savoir aux prochaines élections», a réagi mardi M. Tremblay.

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