Souveraineté: Françoise David part en tournée
De retour au sein de Québec solidaire après avoir pris une pause pour écrire un livre, la présidente et co-porte-parole du parti, Françoise David, entame mercredi soir une tournée du Québec. L’objectif de l’événement, qui s’inscrit dans la campagne Pour un pays de projet, est notamment de remettre la souveraineté à l’avant-scène.
Mme David a expliqué à Métro l’ambition de sa tournée, qui s’arrêtera dans une demi-douzaine de villes d’ici au printemps.
Votre tournée se penchera sur l’avenir du Québec. Pourquoi mener une telle consultation?
La tournée fait suite à l’ouverture du site web paysdeprojets.org. Il s’agit d’une façon pour nous de remettre la souveraineté à l’ordre du jour. On sait qu’il y a un certain nombre de gens qui s’interroge sur la nécessité d’en discuter, mais on pense qu’il est temps d’en rediscuter et que cela pourrait redonner aux gens le goût d’un pays. Un pays, ça signifie être maître chez nous, être maître de son destin. On a l’impression que c’est un sujet qui est loin d’être épuisé.
De quelle façon voulez-vous aborder la souveraineté?
Je vais présenter la démarche de Québec solidaire, qui est très différente de celle du Parti québécois. On ne veut pas un pays pour un pays. Il ne s’agit pas juste de se chicaner avec Ottawa. Ça, c’est de la vieille politique. On pense que c’est beaucoup plus intéressant pour la population du Québec si on parle d’un pays qui a un sens, un pays où on peut être maître de nos richesses naturelles, où on veut atteindre la souveraineté alimentaire, où le français redevient la langue de travail et de communication partout, un pays d’égalité et de justice sociale.
Votre première consultation s’attarde aux institutions démocratiques, pourquoi?
Ce sont les militants qui choisissent les thèmes des rencontres. On peut comprendre pourquoi le premier thème choisi a été les institutions démocratiques. Avec tout ce qui se passe en ce moment, il y a une remise en question de la classe politique et un désarroi devant la façon dont elle fonctionne. On sent qu’il y a beaucoup d’appétit en ce moment pour les discussions sur la démocratie.
Considérez-vous que le Québec manque de vision en ce moment?
Tout à fait. Mais on ne manque pas de colère. Ce qui nous manque, c’est l’espoir de faire autrement. Chez Québec solidaire, on pense que c’est important d’avoir confiance en l’avenir. On a prouvé dans nos 400 ans d’histoire qu’on était capable de mettre derrière nous la morosité et de battre un gouvernement qui vend le Québec en petits morceaux. On est capable d’aller vers des projets beaucoup mobilisateurs qui vont répondre aux besoins des Québécois.
Louise Beaudoin participe à votre première consultation, mercredi soir. Peut-on y voir un rapprochement entre elle et Québec solidaire?
Depuis la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, les députés indépendants, dont Louise Beaudoin, Pierre Curzi, et Lisette Lapointe, ont collaboré entre eux et avec Amir Khadir [seul député de Québec solidaire] sur différentes motions et ont fait des points de presse communs. Il y a une certaine collaboration qui s’est installée. Mme Beaudoin n’est pas en train d’affirmer qu’elle s’en vient chez Québec solidaire. Mais je suis très heureuse qu’elle ait accepté d’être l’une de nos panélistes parce qu’à tout le moins, ça veut dire qu’elle n’est pas mal à l’aise de participer à une assemblée organisée par Québec solidaire.