Soutenez

«Je me suis trahi», dit Daniel Paillé

Photo: Archives Métro

Daniel Paillé, chef du Bloc québécois (BQ) depuis 2011, a déclaré lundi qu’il quitte la direction du parti fédéral pour des raisons de santé.

M. Paillé a appris qu’il souffrait de «problèmes épileptiques» et que cette condition ne lui permettrait pas de garder le poste «très exigeant de chef d’un parti». «Je me suis auto-trahi, a-t-il dit d’une voix empreinte d’émotion, je ne pensais pas devoir quitter si vite, mais je ne pourrais pas suivre le rythme jusqu’à 2015».

Il s’est dit fier d’avoir redressé les finances du parti tout en reconstruisant l’équipe à la suite de la défaite cinglante de 2011, où le BQ n’a fait élire que quatre députés. «Le Bloc a l’élan qu’il faut, il ne lâchera jamais», a-t-il affirmé, convaincu que son parti est nécessaire pour mettre de l’avant les intérêts du Québec sur la scène fédérale.

M. Paillé n’a pas voulu se prononcer sur le futur chef. «Je ne me mêlerai absolument pas de quelle personne va me remplacer. C’est aux 35 000 membres de décider», a-t-il dit. Le leader parlementaire André Bellavance n’a pas voulu se prononcer sur la question. «Nous sommes pour l’instant en deuil. Le temps venu, des gens se présenteront pour le poste je suis certain», a fait valoir le député de Richmond-Arthabaska.

Selon les règles du parti, c’est la vice-présidente Annie Lessard qui assurera l’intérim. Le Bloc québécois tiendra un bureau national le 11 janvier pour décider de la suite des choses, qui impliquera une course à la chefferie. Le parti prévoit aussi tenir un congrès en mai à Rimouski.

Ancien député péquiste dans Hochelaga, M. Paillé est devenu chef du Bloc québécois le 11 décembre 2011. Il avait été élu devant Jean-François Fortin et Maria Mourani. Cette dernière, qui a été expulsée du parti il y a quelques mois à cause de sa divergence concernant le projet de la charte de la laïcité, a déclaré par courriel qu’elle lui souhaite un prompt rétablissement.

Rappelons que M. Paillé a été élu député d’Hochelaga aux Communes, en 2009, à l’occasion d’une élection complémentaire. En 2011, il a été défait dans cette même circonscription. Auparavant, il a siégé à l’Assemblée nationale sous la banière du Pati québécois. Il y a notamment été ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie entre 1994 et 1996.

Avis des experts: le Bloc n’est pas mort

La démission de Daniel Paillé soulève à nouveau des questions sur l’avenir du parti. Malgré la dure défaite qu’a subi le parti aux dernières élections, deux analystes s’entendent pour dire que le Bloc québécois a encore sa place.

Avec cinq sièges, le BQ n’a pas réussi à s’imposer ni aux Communes à Ottawa, ni dans les débats médiatiques au Québec au cours des deux dernières années, affirme Pierre Simard, professeur à l’École nationale d’administration publique. Malgré cela, l’analyste ne croit pas que l’avenir du parti soit compromis.

«Il y a une base souverainiste très solide, observe-t-il, et ces personnes ne voudront pas voter pour aucun autre parti fédéral que le Bloc». Lors d’un sondage mené par la firme Abacus Data en septembre, le BQ jouissait d’ailleurs de 31% d’intentions de vote, contre 22% recensés en juin.

L’historien et analyste politique Éric Bédard croit aussi que la base électorale du Bloc est encore forte. «Un grand pourcentage de Québécois veulent l’indépendance et ils comprennent que le BQ est nécessaire pour faire reconnaître le caractère identitaire du Québec à Ottawa», dit celui qui est aussi professeur à la Télé-Université du Québec (TÉLUQ).

Le défi du Bloc sera de trouver un chef charismatique, pour ramener la question identitaire à l’ordre jour, estime M. Bédard. Que ce soit un inconnu ou une personnalité publique, il faudra un individu capable d’avoir une présence remarquée pour les prochaines élections fédérales, qui auront lieu en 2015.

Réactions de la classe politique
Les réactions de la classe politique n’ont pas tardé quelques instants après l’annonce de la démission de M. Paillé.

  • «Tant qu’on ne sera pas indépendant, il y aura toujours un intérêt à ce que des gens défendent les Québécois sur la scène fédérale.» -Pauline Marois, première ministre du Québec.
  • «Je tiens à souhaiter un prompt rétablissement à Daniel Paillé au cours de cette période difficile.» -Stephen Harper, premier ministre du Canada
  • «Au nom de toute l’équipe du NPD, je lui souhaite tout le soutien possible en ces moments difficiles». –Thomas Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.