Le marché de la revente sous tous ses angles
Les constructions neuves sont populaires et suscitent un certain engouement. Mais le marché
de la revente, qui comprend les maisons et les condos de seconde main, se porte aussi très bien. Qui choisit quoi? Et comment choisir entre le neuf et le «déjà habité»?
De façon générale, le marché immobilier en général se porte bien. À la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM), on parle, pour la région de Montréal, d’une augmentation des transactions de 10% pour les sept premiers mois de l’année, comparativement à l’an dernier. Même si, selon Chantal de Repentigny, de la CIGM, il y a toujours plus de maisons en revente que de maisons neuves sur le marché, ces dernières suscitent un engouement depuis quelques années.
Toutefois, selon Jean Grondin, propriétaire et directeur de l’agence la Capitale Prestige à Pointe-aux-Trembles, peu importe la disponibilité des types d’habitations sur le marché, le choix que feront les futurs acheteurs dépend de leur profil et de l’investissement qu’ils sont prêts à faire. «En banlieue, beaucoup de maisons neuves sont achetées par des gens de 25 à 35 ans qui désirent, pour leur première maison, avoir une demeure neuve», explique-t-il.
Lorsqu’elles déménageront, ces personnes se tourneront souvent ensuite vers des maisons de seconde main. À Montréal, du côté des condos, ce sont plutôt les retraités et les couples qui viennent de voir leurs enfants partir de la maison qui se tournent vers des constructions urbaines neuves, alors qu’ils ont, pendant des années, choisi d’investir dans des habitations de seconde main. À Montréal, peu de maisons se trouvent sur le marché de la revente. Ce sont plutôt les duplex et les triplex qui y volent la vedette, suivis par les condos, de plus en plus nombreux sur ce marché.
Acheter neuf ou de seconde main?
Contrairement à ce que l’on croit, une maison neuve ne représente pas nécessairement un meilleur investissement qu’une maison ayant quelques années. Selon Jean Grondin, lorsqu’on achète une maison neuve, il faut s’attendre, dans les années suivantes, à payer pour des imprévus. «Dans les premières années, une maison neuve va travailler et tous les vices de construction sortiront, entraînant souvent des réparations dispendieuses ou, du moins, des démarches avec les entrepreneurs et les architectes du projet», explique-t-il, ajoutant que, pour cette raison, de façon personnelle, s’il devait acheter, lui-même regarderait pour une maison d’au moins cinq ans. «Et c’est sans parler du paysagement qui, autour d’une maison neuve, reste à faire. Il faut alors prévoir investir environ 30 000 dollars», affirme le propriétaire d’un bureau La Capitale Prestige.
Autre avantage d’acheter sa maison en tant que second acquéreur : l’acheteur n’aura pas à payer de taxes sur son achat s’il se procure une maison ayant déjà été habitée, contrairement à ce qu’il devrait faire avec une demeure neuve. Un avantage à ne pas négliger, selon Daniel Gadoury, courtier immobilier du Groupe Sutton.
Malgré ces inconvénients, une maison neuve peut aussi offrir d’importants avantages : être complètement à notre goût si on s’est impliqué dans sa construction, sans compter l’impression de partir vraiment à neuf. «Cela reste une question de choix», conclut Jean Grondin.
Pour faire un bon choix
D’une façon ou d’une autre, à l’achat d’une maison, il faut prendre ses précautions. À l’achat d’une habitation de seconde main, comme on ne connaît pas l’histoire de la maison ni l’entretien dont elle a fait l’objet, il faut à tout prix, selon Jean Grondin, avoir recours à une inspection faite par un professionnel. «Même si on se croit apte à en juger par soi-même, il ne faut pas oublier que les vices d’une maison ne sont souvent pas apparents. Il faut donc se méfier et faire appel à un professionnel!» insiste-t-il.
Ce dernier mentionne aussi le test de pyrite, important à faire faire par un inspecteur en bâtiment avant l’achat d’une maison. La pyrite, un sulfure de fer, a été utilisée dans les années passées dans plusieurs constructions, mais à la longue, elle est très nocive pour la fondation du bâtiment. À vérifier! Daniel Gadoury, du Groupe Sutton, conseille de son côté de ne pas brûler les étapes. Que ce soit pour une maison neuve ou pour une maison de seconde main, il faut prendre le temps de bien choisir les professionnels qui nous accompagneront dans notre démarche : courtier immobilier, inspecteurs, et notaire, etc.