Le cancer du sein est aussi une réalité masculine
Très souvent, le cancer du sein est associé à la femme. Pourtant, il y a aussi des hommes qui en sont atteints.
«C’est sans doute le nombre qui fait en sorte qu’on en parle moins», avance le porte-parole de la Société canadienne du cancer, André Beaulieu. Au Canada, environ 150 cas d’hommes souffrant du cancer du sein sont recensés chaque année, contre plus de 22 000 chez les femmes.
S’il y a si peu de cancers du sein qui sont diagnostiqués chez les hommes, c’est qu’ils ont peu de tissus mammaires et qu’ils sécrètent beaucoup moins d’Å“strogène que les femmes, selon le directeur du Centre intégré du cancer du sein au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, le Dr André Robidoux. «C’est un épiphénomène», dit-il.
Jean-Guy Bastien fait partie de la minorité d’hommes qui ont eu le malheur de constater un changement au niveau de leurs seins. «Je n’avais jamais entendu
parler de ce cancer avant», admet-il. Un jour, il a découvert une bosse derrière un de ses mamelons. D’autres hommes vont plutôt observer un léger écoulement de leur mamelon.
«[Ce cancer du sein] est plus facilement détectable chez un homme parce que le tissu mammaire masculin est moins gros», indique le Dr Robidoux. Ce qui rend totalement inutile, selon lui, l’auto-examen des seins pour les hommes.
Semblable pour les deux sexes
Les facteurs les plus susceptibles de provoquer un tel cancer sont identiques chez l’homme et chez la femme, selon la Société canadienne du cancer. Il y a entre autres l’âge, le mode de vie, les antécédents médicaux et l’histoire familiale.
«Mais la cause exacte, on ne la connaît pas», précise le directeur du CHUM.
Généralement, les hommes âgés de plus de 60 ans sont plus à risque d’être atteints du cancer du sein. Toutefois, il existe des exceptions, met en garde le Dr Robidoux.
Après que les médecins eurent diagnostiqué le cancer du sein de Jean-Guy Bastien, sa tumeur a été retirée par chirurgie. Puis, il a été astreint à des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie. En tous points semblables à ceux qu’aurait reçus une femme souffrant de la même maladie.
Pendant sa rémission, M. Bastien a dû prendre, comme les femmes, un médicament appelé tamoxifène. «La première fois que je suis allé l’acheter, le pharmacien a pensé que c’était pour ma femme», relate celui qui vaincu son cancer du sein depuis maintenant 10 ans.
Peu de recherches et pas de sensibilisation
Il existe peu de recherches qui sont faites spécifiquement sur le cancer du sein chez l’homme. Le Dr André Robidoux explique cela par la rareté de la maladie. Toutefois, les hôpitaux tiennent des registres sur les patients et leurs traitements. «On obtient beaucoup d’informations grâce à ces registres», mentionne le Dr Robidoux.
La Société canadienne du cancer n’a pas de programme de sensibilisation pour les hommes atteints du cancer du sein. Pour expliquer cela, André Beaulieu invoque lui aussi la rareté de la maladie ainsi que le taux de survie qui est plutôt bon, selon lui. Il avance aussi que les hommes ont compris qu’il faut consulter rapidement un médecin si une bosse anormale apparaît. «Quand on détecte un cancer tôt, les traitements sont moins longs moins, et les chances de survie sont d’autant plus grandes», avance-t-il.