Les inhibitions, moteurs de nos réactions
Avez-vous déjà remarqué que nous ne nous comportons pas de la même manière lorsque nous sommes à la maison, au travail ou en présence d’amis? À la maison, combien de fois avons-nous entendu quelqu’un fouiller dans le frigo et s’exclamer : «Qui a fini le c*** de lait?» Je doute que quelqu’un ose se comporter ainsi au bureau lorsque la cafetière est vide.
Le même phénomène se produit en voiture lorsque nous nous impatientons envers d’autres automobilistes, à grands coups de klaxon et de gestes obscènes. Comment réagiriez-vous si vous reconnaissiez la personne se trouvant dans l’autre véhicule tout juste après lui avoir fait un doigt d’honneur? Si vous l’aviez reconnu plus tôt, vous lui auriez probablement gentiment cédé le passage.
La raison qui motive l’existence de tels écarts de comportement réside dans nos inhibitions sociales. En présence d’autres personnes, nous avons tendance à modérer nos réactions par peur de leur déplaire et de mal paraître. Lorsque nous sommes dans une situation d’anonymat, comme au volant d’une voiture ou en plein cour d’une émeute, ou quand le jugement des autres ne nous préoccupe pas, comme à la maison en présence de notre famille, l’absence d’inhibitions semble accorder à certains d’entre nous le droit de se comporter en abrutis.
Un mécanisme nécessaire
L’inhibition sociale est un mécanisme nécessaire, qui agit comme un contrepoids à la plupart de nos émotions les plus ignobles. La colère et l’irritation qui s’élèvent en nous après avoir découvert un contenant de lait vide dans le frigo s’expriment de manière démesurée en l’absence d’un tel mécanisme.
Il n’y a rien de malsain à exprimer son mécontentement. Cependant, certaines personnes prennent trop à cour les jugements des autres. Si le mécanisme inhibiteur d’une personne est trop puissant, il l’empêchera de s’exprimer et de faire face à de réels problèmes.
D’un autre côté, plusieurs parmi nous pourraient faire preuve de retenue. Se préoccuper quelque peu de l’opinion des autres nous permet de demeurer civilisés et nous aide à maîtriser notre désir ardent d’évacuer toutes nos frustrations, en particulier les plus insignifiantes.
Ne serait-ce pas mieux si nous nous comportions à la maison et sur nos routes comme nous le faisons au travail ou dans notre milieu social? Bien sûr, mais encore mieux, il faudrait que les personnes qui laissent des contenants de lait vides dans le frigo ou qui nous coupent le chemin en voiture fassent également preuve de courtoisie. Là, on serait vraiment «en affaires».