La lutte contre le cancer est loin d'être gagnée
La lutte contre le cancer est loin d’être gagnée au Québec, province qui présente le pire taux de mortalité au pays à ce chapitre. Selon la Coalition Priorité Cancer au Québec, les efforts des principaux intervenants sont minés par un manque de coordination. «Il est temps que les différents acteurs au Québec se parlent et agissent ensemble pour qu’il y ait une cohésion», a lancé jeudi la porte-parole de la Coalition Priorité Cancer, Nathalie Rodrigue. Cette dernière a déploré l’accessibilité des soins qui diffèrent d’une région à l’autre et la variation des pratiques professionnelles.
«Ce n’est pas normal que, dans une région donnée, on reçoit un diagnostic de cancer de l’utérus deux semaines après le «Pap test et que dans une autre région, ça prend 10 semaines», s’est-elle insurgée. Le Dr Pierre Audet-Lapointe, qui agit aussi à titre de porte-parole de la coalition, a rapporté que dans un hôpital montréalais réputé -dont il a tu le nom-, des chirurgiens sont contraints d’opérer des patients cancéreux selon un horaire restrictif. «J’ai cessé de pratiquer en 1998 et, déjà à ce moment-là, une infirmière se pointait vers 11 h dans la salle d’opération pour nous deman?der si on pensait finir à 15 h 30, relate-t-il. Imaginez la pression que ça met sur le médecin.»
Une agence de coordination
En 2010, environ 22 000 personnes perdront leur combat contre le cancer au Québec. Pour réduire ce nombre, la coalition presse Québec de mettre sur pied une agence de lutte contre le cancer qui s’assurerait que les services sociaux et de santé collaborent entre eux. Une pétition a d’ailleurs été mise en ligne pour convaincre le gouvernement.
Toutefois, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’a aucunement l’intention d’ouvrir une telle agence. «On a mis en place, au ministère, la direction de la lutte contre le cancer, qui coordonne la lutte», a indiqué son attachée de presse, Karine Rivard. Le fait que cette entité soit une direction du ministère et non une agence assure une proximité avec les autres services ministériels, estime Mme Rivard.
Le Dr Audet-Lapte croit plutôt que le gouvernement ne veut pas accorder à une maladie plus d’importance qu’à une autre. «Ils mettent toutes les maladies sur un même pied d’égalité. Tout le monde est pareil», dit-il.