The Blonds: Les couturiers derrière Lady Gaga
«C’est fou ici en ce moment! Il y a des bonbons et des cupcakes dans un coin et des clous, des couteaux et des poignards dans un autre», s’exclame Phillipe Blond, du duo de designers new-yorkais The Blonds, en parlant de son studio de création, ou règne une effervescence proportionnelle au succès que connaît la griffe.
Phillipe et David Blond sont les couturiers préférés des chanteuses pop en vogue : Lady Gaga, Rihanna, Fergie et Christina Aguilera ont toutes porté des robes et des corsets signés The Blonds. Leurs créations se retrouvent également bien en évidence dans le film Sex and the City 2, sorti récemment. Les deux associés, qui forment un couple dans la vie, ont répondu aux questions de Métro.
Comment vous êtes-vous rencontrés?
David : Ça s’est passé il y a 10 ans dans une boîte de nuit appelée Le Roxy. Phillipe était très mince et portait un joli petit ensemble; il avait l’air d’un danseur. C’est d’ailleurs ce que je lui
ai dit en l’abordant.
Vos créations sont souvent garnies de pointes et de clous. Sont-elles destinées à être portées dans les discothèques et ce genre d’endroit?
David : De manière générale, on ne peut porter ce type de vêtement que pour sortir ou monter sur scène. Nous ne faisons évidemment pas que des corsets. Cependant, quand nous avons la chance d’habiller une chanteuse comme Lady Gaga, nous exploitons beaucoup cette pièce de vêtement.
Phillipe : Le corset est sans doute l’article qu’on nous demande le plus.
Quelles sont vos influences?
David : Notre principale source d’inspiration est le corps féminin. C’est d’ailleurs l’une des plus grandes sources d’inspiration depuis toujours. Et la cause aussi de quelques guerres. Rien n’est plus célèbre que les formes du corps des femmes. Pour notre part, nous aimons exagérer et mettre en valeur ces formes en nous servant de corsets.
Phillipe : Plus jeune, j’étais obsédé par les dessins animés Jem et les Hologrammes et She-Ra, que je trouvais très avant-gardistes, notamment pour ce qui est de la transformation complète de l’informel vers le glamour. Cette tendance a évolué pour donner la folie actuelle, qui se caractérise par un goût marqué, comme dans les années 1980, pour la surenchère. Plus il y en a, mieux c’est!
David : Bob Mackie est une autre de nos influences. Nous avons vu son spectacle Jubilee à Las Vegas. C’était orgiaque! À un certain point, je n’en pouvais plus, c’était trop fou. On aurait dit le résumé de 50 ans de travestissement et de démence.
Comment en êtes-vous venus à participer à Sex and the City?
Phillipe : Nous avons reçu un coup de fil survolté de Pat Field. Elle était folle de l’un de nos jeans, une paire extensible et délavée garnie de pointes et de clous. Elle était en train d’expliquer ce qu’elle voulait quand, tout à coup, elle a passé le combiné à Sarah, qui nous a dit: «Mon Dieu, je veux ce jean!» Nous lui en avons donc confectionné une paire.
D’où vous vient ce goût pour les clous?
David : Ça remonte à notre première collection, dont le thème était l’ombre et la lumière. C’est là que nous avons eu l’idée d’utiliser ce genre d’élément. Comme nous avons constaté que ça plaisait, nous avons continué. Et nous avons raffiné notre technique, notamment en employant des pointes et des clous avec un placage d’argent ou d’or rose.