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Balade d'un autre temps au Lesotho

Que penseraient vos voisins s’ils vous voyaient sortir en speedo, une couverture sur les épaules et des bottes de caoutchouc aux pieds? Ils se diraient probablement que vous avez bu un coup ou que vous avez perdu la raison! Au Lesotho, vous passeriez probablement inaperçu, surtout si vous êtes berger.

Mais avant de vous expliquer pourquoi ce costume y est considéré comme normal, un petit cours de géographie s’impose. Le Lesotho est un petit pays, gros comme la Belgique, enclavé au milieu de l’Afrique du Sud. De Durban, on y accède en trois heures. La route se termine par une incroyable montée caillouteuse de 8 km qui se parcourt en une heure malgré un guide expérimenté au volant d’un 4 x 4.

Pendant ces 8 km, où l’on passe de 1 500 m d’altitude (en Afrique du Sud) à 3 000 m (au Lesotho), l’expression «se faire brasser» prend tout son sens tellement la route est difficile.

Que se cache-t-il sous cet étrange accoutrement?
Revenons maintenant à cette tenue pittoresque qui ne fera probablement pas passer les Lesothans à la postérité pour leur bon goût vestimentaire. La fameuse couverture est de coutume au pays depuis que le roi Moshoeshoe I en a lancé la mode en 1860.

Elle a plusieurs utilités, dont celle de protéger à la fois du soleil, qui est particulièrement puissant à cette altitude, et du froid, car dès qu’il se met à pleuvoir – c’est-à-dire à peu près tous les jours -, le thermomètre chute de 15 oC en moins de temps qu’il n’en faut à Guy Carbonneau pour se faire montrer la porte!

Les bottes en caoutchouc, en plus de permettre de patauger dans la gadoue, donneraient plus de chances de survie si on est frappé par la foudre. Il paraît que c’est une loi de la physique; certains rétorqueront que ç’a aussi à voir avec la superstition!

À la frontière du sud, à 2 874 m d’altitude, le plus haut pub d’Afrique offre une vue magnifique sur la vallée. Un peu à l’est se trouve un passage emprunté par les contrebandiers pour acheminer la marijuana vers l’Afrique du Sud. Transporté à dos d’homme la nuit,  le ballot d’environ 50 kg se transigerait autour de 400 $. À ce prix, le petit sachet qu’on trouve à Montréal vaudrait 3 cents!

Une économie fragile

Mis à part cela, le Lesotho vit de ses diamants, mais surtout de son eau et de sa laine. Cependant, il en vit pauvrement, si l’on se fie à l’indice de développement humain que lui accordent les Nations unies; 138e sur 177.

Dans ce contexte, se marier coûte cher à un homme qui veut se caser. Selon le taux actuel, il doit offrir 24 vaches (ou chevaux) en dot à ses futurs beaux-parents. Mais signe que l’économie de marché gagne du terrain même là où l’électricité n’a pas encore fait son apparition dans les cahutes en pierre, il est désormais possible de payer en plusieurs versements et de commencer à avoir des enfants même si la totalité de la dot n’a pas été réglée.

Fait intéressant, si l’électricité est souvent absente dans les foyers situés dans les montagnes, ils sont quand même un certain nombre à posséder un cellulaire! Celui-ci se recharge grâce à un petit système de panneaux solaires. On a beau vivre dans un autre temps, on sait quand même envoyer un SMS!

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