Capsule historique: La ruelle, partie intégrante du paysage urbain d’ici
Chaque lundi, Métro, en collaboration avec Pointe-à-Callière, propose une capsule historique sur Montréal.
La ruelle semble faire partie du paysage montréalais depuis toujours. Pourtant, elle n’apparaît qu’au milieu du XIXe siècle, dans le quartier Saint-Antoine. Selon le géographe David Hanna, cela survient avec le plan de lotissement de l’ancien domaine McTavish, réalisé en 1845 pour les avocats Fisher et Smith. Il s’agit de l’adaptation locale du mews du plan d’Édimbourg; les anglophones de Montréal la désigneront généralement par le terme lane ou back lane. Pour traduire ce nouveau concept urbanistique, les francophones choisiront le mot ruelle, un diminutif de rue, utilisé depuis le XIIe siècle pour désigner une voie petite et étroite.
La ruelle est une voie de desserte située à l’arrière des lots. Elle permet d’éliminer la porte cochère à l’ancienne et de construire de longues rangées de maisons, auxquelles elle fournit une issue de secours. Dans les beaux quartiers, elle permet une division sociale de l’espace domestique. La ruelle présente de tels avantages qu’elle se généralise rapidement à tous les nouveaux lotissements de la ville, même les plus modestes. Conçue pour les secteurs huppés, elle devient ainsi une caractéristique essentielle des quartiers populaires et un attribut de la sociabilité montréalaise.
La première ruelle verte apparaît sur le Plateau-Mont-Royal en 1997, et on en compte à présent plus de 30. Des citoyens désirant améliorer la qualité de vie en ville continuent de s’associer entre voisins pour se jardiner un monde meilleur.
Tiré de La rue Sainte-Catherine, Pointe-à-Callière et les Éditions de l’Homme