Viaduc Henri-Bourassa : usure prématurée
Au moins deux composantes du pont d’étagement sont dans un état « critique » alors que deux autres sont jugés « détériorées », selon un rapport d’inspection de la Ville de Montréal daté du 1er novembre 2013, mais rendu public le 15 mai.
« Le pont ne représente toutefois pas un danger pour la population », assure Philippe Sabourin.
Le porte-parole de la Ville Montréal fait remarquer que l’état de la structure s’est beaucoup amélioré depuis 2011 où il était classé au 5e rang des pires infrastructures de la métropole.
Considéré comme « critique » avant les travaux de reconstruction qui viennent à peine d’être complétés, en décembre 2012, l’état du pont d’étagement est maintenant meilleur que la moyenne des 588 structures montréalaise.
Toutefois, si des rectificatifs ne sont pas apportés, le pont s’usera de façon prématurée. La Ville a donc entrepris d’évaluer les causes du problème afin de possiblement entreprendre un processus judiciaire contre les responsables.
Le temps presse et il ne reste plus qu’un an et demi à la municipalité pour entreprendre les démarches, le cas échéant. Passé ce délai, ce sont les contribuables qui devront payer la facture.
« Nous avions trois ans à partir de la fin des travaux pour entreprendre des démarches. Le temps qui nous reste devrait être nettement suffisant, mais nous ne sommes pas rendus là. Il est encore bien trop tôt pour tirer des conclusions », précise M. Sabourin.
La réfection du pont
La réfection du pont a débuté en 2012, mais depuis longtemps, ce pont d’étagement était jugé critique.
Déjà en 2010, un rapport d’inspection faisait état d’importantes détériorations du tablier, de la chaussée inégale qui rendait la conduite dangereuse et d’un grand nombre de fissures sur les murs de soutènement.
Le 5 octobre 2011, le conseil municipal avait octroyé un contrat de 55 000 $ pour la réalisation des plans et devis ainsi que des documents de soumission à Consortium BPR/Séguin.
L’administration avait ensuite confié l’exécution des travaux à l’entreprise Congères.
À la suite de ces travaux, les inspecteurs de la Ville s’attendaient à trouver la structure en parfait état.
« Le pont a reçu une cote de détérioration anormalement élevée, mais c’est une structure que nous suivions de près parce que lorsqu’il y a un vice, il ressurgit généralement lors de la première ou de la quarantième année après sa construction », explique M. Sabourin.
Dans leur rapport, les inspecteurs ont fait état de graves problèmes de drainage à un ou deux endroits, ce qui provoque la formation d’une importante accumulation d’eau sur le dessus du pont d’étagement.
Ils ont également noté que la dalle du joint de dilatation du tablier du pont n’est pas étanche sur 75 % de sa longueur.
Bien que moins problématique, le trottoir est également détérioré. Les inspecteurs ont noté que le béton était très éclaté sur le côté sud du pont, à la hauteur du joint en direction est.
Les inspecteurs ont aussi noté un autre problème au niveau d’une tige d’encrage inclinée située à la cinquième poutre. Le reste de la structure est toutefois en parfait état.
Autres problèmes
Malgré ces problèmes, la Ville n’envisage pas de réparation à court terme. Il faut dire que la liste des infrastructures prioritaires de Montréal est longue. Au total, 21 structures sont dans un état critique alors que 30 sont jugées déficientes.
L’arrondissement compte d’ailleurs sa juste part de problèmes.
Le pont de l’île Lapierre, situé à l’est de l’A-25, est classé critique et est en 14e position du palmarès 2014 des structures détériorées de la métropole. Il est suivit du ponceau du boulevard Maurice-Duplessis qui enjambe le ruisseau De Montigny (96e rang) et du pont ferroviaire qui enjambe l’avenue Armand-Chaput au sud du boulevard Armand-Bombardier (101e rang). Ces deux structures sont jugées dans un état médiocre.
Ce qu’ils ont dit…
L’Informateur de Rivière-des-Prairies a demandé à des automobilistes qui venaient de passer sur le viaduc Henri-Bourassa s’ils font confiance aux infrastructures montréalaises.
« Je ne fais pas du tout confiance aux infrastructures et depuis l’effondrement du viaduc de la Concorde j’essaie de ne pas rester en dessous des ponts. »
— France Gauthier
« Je sais qu’il y a beaucoup de problèmes, mais je fais confiance aux structures parce qu’il y a beaucoup de surveillance. »
— Louis Monette
Faites-vous confiance à l’administration Coderre pour la gestion des infrastructures? Commentez sur le site InformateurRDP.com.