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Une auteure part sur les traces d'un fantôme inconnu

Cassie Bérard, a posé ses valises à Ahuntsic il y a quelques mois à peine, après un long parcours et elle raconte une histoire qui se passe à Paris. D’autres Fantômes est son premier roman, il est paru le 12 février.

« J’ai bien dû mettre six ans avant de le terminer, raconte-t-elle. Les dernières années, je l’ai beaucoup retravaillé et réécrit. »

Le roman emmène le lecteur en voyage à Paris, mais aussi dans les méandres de la conscience du héros. L’histoire commence par le suicide d’une fille qui se jette sous un métro. Albert, le personnage principal, qui vit à Paris avec sa femme et ses enfants et qui s’est éloigné de ses étranges parents, se met en tête d’aller explorer le passé de cette morte. Dans sa quête, il rencontre des hâbleurs qui vont l’égarer sur de fausses pistes. À force de chercher des choses sur une inconnue, il court à la découverte de vérités sur lui-même.

« J’ai interrogé l’inattendu, explique Cassie Bérard. J’ai voulu aussi raconter une histoire qui touche tout le monde et donner vie à un monde imaginaire. »

Pourquoi avoir choisi Paris comme décor alors que beaucoup d’éléments auraient pu situer l’histoire à Montréal? « J’ai été inspiré par les lieux où j’ai vécu », indique-t-elle.

Cassie Bérard a grandi à Donnacona, puis s’est installée à Québec. Dans son parcours, un long séjour en France dans le cadre de ses études.

Vivre pour écrire

Premier roman, mais certainement pas le dernier, Cassie Bernard assure qu’elle a beaucoup d’idées. Elle sait toutefois qu’elle ne vivra pas de ce qu’elle écrit. « Je pense que je travaillerais dans le milieu de l’édition ou de la littérature. Mais je ne veux pas qu’écrire, je veux aussi m’engager dans des projets utiles aux gens », assure-t-elle. Alors qu’elle soumet au public sa première œuvre, elle dit attendre les critiques avec sérénité. « Je prends les remarques positives comme des fleurs et les négatives comme des avis pour m’améliorer », affirme-t-elle.

« Les proches de cette femme, fauchée par un métro à la station Trocadéro, il y a quelque temps. Errant aussi. Je repense à cette étrangère. Sa pierre tombale aux fleurs encore en train d’éclore, son cercueil vient à peine de franchir l’humus du sol, la famille a recouvert sa mort d’un linceul et la pleure depuis. Une femme que je n’ai pas connue. Je ne connais que son corps flasque et désarticulé. Je revois l’impotence des témoins, aucun effort pour tenter l’impossible, nulle main tendue comme ultime aperçu du monde. Puis, je reviens à Constantin, qui dérobe des fleurs dans les bouquets qu’il trouve, dit-il, parce qu’il a eu de la chance. Et je constate qu’il y a des gens qui n’ont pas de chance. »

, page 71, éditions Druide, Montréal.

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