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Des caméras et des peines plus sévères exigées

Même si le nombre d’agressions sur des chauffeurs d’autobus a chuté de 44 % en cinq ans, il reste toujours élevé. Les chauffeurs réclament donc des peines plus sévères contre leurs agresseurs et des caméras dans tous les autobus.

La récente agression d’un chauffeur d’autobus de la ligne 48 a rappelé que les chauffeurs de la Société de transport de Montréal (STM) sont encore trop souvent victimes de violence.

En 2012, 74 plaintes ont été déposées pour des agressions de toute sorte. Si le nombre reste élevé, il s’agit d’une nette amélioration par rapport à 2007, où 133 plaintes avaient été enregistrées.

Cette diminution serait attribuable aux mesures adoptée par la STM, selon sa porte-parole Amélie Régis.

« Une agression reste une agression de trop. Nous avons pris de sérieuses mesures depuis 2006 pour réduire le nombre de cas », explique-t-elle.

De son côté, le président du local syndical des employés de la STM estime que les chauffeurs vivent de la violence au quotidien, mais qu’ils portent rarement plainte.

« On parle de la violence physique, mais il y a beaucoup de violence verbale », précise Renato Carlone.

400 caméras de plus

La dizaine de chauffeurs que nous avons interrogés estiment que l’installation de caméras dans les autobus demeure la mesure la plus efficace pour réduire les incivilités.

« Tous les autobus devraient être munis de caméras, surtout ceux qui sortent après 23 h, plaide Jean, un chauffeur. Ça fait vraiment une différence. Lorsque les passagers voient qu’ils sont filmés, ils ne font pas de trouble. »

L’année dernière, une campagne de sensibilisation avait d’ailleurs été organisée par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) pour forcer la STM à munir tous ses autobus en service après 23 h de caméra fonctionnelle. Le syndicat affirme que la société traîne toujours de la patte dans ce dossier.

À ce jour, seulement 905 des 1746 (52 %) autobus de la STM sont munis de caméra. Ce nombre passera toutefois à 1305 (74 %) au cours des 18 prochains mois. Un contrat a été octroyé lors du conseil d’administration de la société, en juillet dernier.

Cette mesure vient s’ajouter à celle en place depuis 2009 qui prévoit que toutes les nouvelles acquisitions de la STM doivent également en être équipées.

Cette préoccupation n’est toutefois pas propre à Montréal et le SCFP prévoit lancer une campagne nationale de sensibilisation sur le sujet, annonce la porte-parole du syndicat, Lisa Djevahirdjian.

En plus des caméras, la STM a équipé l’ensemble de sa flotte de boutons d’alerte reliés à une centrale. Puisque les autobus ne sont toutefois pas munis de système GPS, les chauffeurs doivent toutefois signaler leur position sur les ondes radio.

La présence d’inspecteurs a aussi été accrue à bord des autobus.

Peines plus sévères

Plusieurs chauffeurs aimeraient également que les personnes reconnues coupables de voies de fait contre un conducteur de véhicule de transport en commun soient passibles de peines plus sévères.

« Il faudrait une conséquence pour que les gens y pensent deux fois avant de s’en prendre à nous », estime la chauffeuse Victoria Fazio.

Le projet S-221 qui propose d’amender le Code criminel en ce sens a d’ailleurs été présenté aux parlementaires à Ottawa. La STM appuie cette initiative.

Enfin, certains chauffeurs déplorent de ne pas avoir été informés de la récente agression sur la ligne 48.

« Je crois que si nous étions au courant de ce qui se passe, nous pourrions faire plus attention », commente la chauffeuse Louise Jolicoeur.

Cette dernière sait de quoi elle parle puisque le mois dernier, elle a elle-même été victime d’une agression. Une dame lui a lancé de l’eau bouillante sur les jambes, à sa sortie de l’autobus. La nouvelle n’avait toutefois pas été relayée parmi ses collègues et quelques semaines plus tard, une autre chauffeuse a subi le même sort.

Depuis son agression, Mme Jolicoeur a été suivie par une spécialiste dans le cadre du programme d’aide aux employés victimes de violence. Ce programme fait également partie des mesures mises en place par la STM.

La société mise également sur la prévention. Une campagne de sensibilisation pour la clientèle et une formation pour apprendre aux chauffeurs à désamorcer les situations conflictuelles ont été mises sur pied.

Autobus de la STM munis de caméra

52 % du nombre total d’autobus

83 % des autobus circulant après 23 h

90 % des autobus circulant après minuit

99 % des autobus circulant après 1 h * selon la STM

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