Un message inquiétant
L’agent sociocommunautaire du poste de quartier 42 Daniel Castonguay affirme que c’est la quatrième ou cinquième fois que ce message apparaît à Saint-Léonard, depuis deux ans. Le poste de quartier considère ce message inquiétant. « C’est un crime haineux, dit l’agent Castonguay. Même s’il est isolé, il est récurrent, donc on le surveille de près. »
Au meilleur de la connaissance de quelques organismes communautaires consultés, il n’y a pas de communauté juive à Saint-Léonard. Le graffiti a généré plusieurs appels au poste de quartier et au Réseau Accès Montréal (311).
Le directeur des affaires publiques du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, David Ouellette, a souvent remarqué des plus petites manifestations antisémites, notamment dans les aménagements du mont Royal et au centre-ville. « Mais ce n’est jamais très gros. C’est la première fois que j’entends parler de ce graffiti. C’est très explicite comme incitation à la violence », considère-t-il.
Le Syndicat des copropriétaires des condos parc Delorme confirme qu’aucun Juif n’habite cet immeuble. Les copropriétaires du 7980, Malouin se désolent d’avoir vu apparaître à plusieurs reprises ce message sur leur mur qui donne sur la rue Jarry. « Mais on a une démographie très variée et on se respecte », déclare une porte-parole, qui ajoute qu’il ne s’agit aucunement du point de vue des propriétaires.
Ceux-ci espèrent que ce problème répété sera bientôt résolu. « C’est plate pour nous, les résidents, à plusieurs niveaux. Pour le message qui ne nous représente pas, et pour le mur. » Ce sont eux qui se divisent la facture pour le nettoyage à chaque fois.
Le froid repousse les travaux
Du côté de l’arrondissement, on a remarqué le graffiti le mardi 19 mars. Un avis écrit a été remis à un représentant des propriétaires afin que l’inscription soit effacée dans les 24 heures. « Les conditions météorologiques viennent cependant ralentir la capacité de l’arrondissement à agir rapidement : la tempête de neige de mardi mobilise les équipes de travail normalement attitrées à ce genre de travaux et l’arrondissement n’a pas l’équipement requis pour enlever les graffitis lorsque les températures sont froides. » Le jeudi 21 mars, le graffiti était toujours visible.
M. Ouellette soutient que Statistiques Canada démontre que, bon an mal an, les Juifs demeurent la première cible d’attaques à caractère raciste. « Il persiste des sentiments extrêmement hostiles à l’endroit des Juifs. En termes de graffiti, ça demeure assez marginal. Tant que la police n’a pas mis la main sur le ou les malfaiteurs, on ne sait pas de combien d’individus ça représente. Mais on observe cela avec la plus grande préoccupation », assure M. Ouellette.