Le ressac de l’ère Zampino
En entrevue téléphonique avec le <@Ri>Progrès<@$p>, le conseiller de la Ville Robert L. Zambito soutient que l’ambiance particulière provoquée par la commission Charbonneau donne lieu à de nombreuses remises en question à l’arrondissement. « Tout le monde a eu la réflexion [de quitter le parti]. Mais on continue pour le moment. Le parti va changer, c’est certain, on aura un nouveau chef. On verra ce qui va se passer cet été. Il faut avoir un peu de patience encore. » Le maire de l’arrondissement, Michel Bissonnet, est toujours en réflexion quant à son appartenance à UM.
Bien qu’affaibli, le parti demeure actif. « Pour le moment, le parti reste en vie. Je ne sais pas jusqu’à quel point. Est-ce qu’on va changer de nom? S’associer avec quelqu’un d’autre? Je n’ai pas d’idée pour le moment. » M. Zambito confirme que personne ne s’est encore manifesté pour accéder à la chefferie du parti. Pour lui, c’est hors de question, bien qu’il soit élu depuis bientôt 27 ans.
Pas de squelettes dans le placard
Au cours des dernières semaines, le nom de Frank Zampino, ancien maire de Saint-Léonard et ancien président du comité exécutif de la Ville, est sorti à plusieurs reprises. Le 20 mars, le vice-président principal de la société de génie-conseil Dessau, Rosaire Sauriol, a affirmé que sa firme s’était engagée financièrement dans des arrondissements de Montréal, dont ceux de Lachine, Outremont, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et Saint-Léonard. Il a provoqué l’émoi en disant que M. Zampino était « l’homme le plus puissant à Montréal », qui orchestrait clandestinement le système de collusion de partage des contrats de construction.
Le conseiller Zambito assure que son ancien patron agissait en gentleman. « On a jamais dépensé quoi que ce soit à l’arrondissement pour nous-mêmes. » Aussi attendra-t-il le rapport final de la commission avant de juger qui que ce soit. Il reconnaît, en revanche, que le niveau de confiance des Montréalais est ébranlé. « Ça ne fait pas plaisir à entendre, ça c’est sûr. Malheureusement, tout sort dans les médias et les gens ont l’impression que les politiciens sont tous des voleurs. »
Tel que publié sur le Progrès le 14 mars, un document dévoilé à la commission Charbonneau révèle qu’en 2003, près de 40 % du budget annuel d’UM provenait de Saint-Léonard. Robert L. Zambito explique : « on a toujours été très fort dans le financement. Les gens de Saint-Léonard ont toujours aidé. Là, ça sort dans les journaux, mais pour nous, ce n’est pas une surprise. Ç’a toujours été comme ça. »
Les activités de financement garderont-elles leur popularité dans le quartier? Il en doute. « À mes débuts, il y avait 800, 1000 personnes à nos activités. Mais les gens commencent à être réticents, je ne sais pas s’ils vont venir encore. D’après moi, c’est fini pour quelques années. »
De son côté, M. Zambito tient à ajouter qu’il n’a aucun problème avec ses donateurs. « Vous pouvez voir ma liste de donateurs : ce sont mes frères, mes fils, toute ma famille contribue. » Il assure aussi qu’il continuera à servir les citoyens comme il le fait depuis 27 ans. « On n’a jamais abandonné, jamais écouté les journaux pour faire ceci ou cela. Tant que je vais être là, je vais servir mes citoyens comme je l’ai toujours fait. Je ne changerai pas ma formule. »