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«Je suis à la croisée des chemins. Ce sera la mairie ou la chefferie»

«J’aurai 50 ans l’an prochain et je suis à la croisée des chemins. Je suis député depuis 15 ans, j’ai passé 30 ans dans mon parti et il y a une course à la chefferie. En même temps, je suis fier d’être Montréalais et je pense que Montréal mérite mieux. Je ne parle pas en termes d’individus, mais de rayonnement. J’ai l’impression que Montréal a perdu son âme, que la main gauche ne sait pas ce que fait la main droite. Ce sera la chefferie ou la mairie. J’annoncerai ma décision à mon souper spaghetti du 9 novembre.»

Denis Coderre, qui dit hésiter entre la mairie de Montréal et la chefferie du Parti libéral du Canada, était le conférencier invité du club Richelieu au Buffet Il Gabbiano le mercredi 26 septembre. Maniant le verbe et l’humour, il a su captiver son auditoire.

«Suis-je mieux à Ottawa ou à Montréal ? On a besoin d’hommes et de femmes capables de faire une différence, de donner l’heure juste. Les gens sont tellement cyniques envers les politiciens. Je crois à l’authenticité. Quand tu es authentique, tu as droit à l’erreur. Le plus beau compliment que les gens me font, c’est: «vous êtes comme nous. Vous êtres «parlable». Le 2 mai, c’était ma neuvième campagne électorale. Ma moyenne n’est pas si pire car j’ai six victoires et trois défaites. »

Denis Coderre veut faire de la politique positive. «Je ne me présente pas contre quelqu’un. Si j’y vais, je serai positif. Je parlerai pour Montréal. En 2017, ce sera le 350e anniversaire de Montréal, le 150e anniversaire du Canada et le 50e anniversaire d’Expo 67. On ne perdra pas de temps à planter les autres. Au fédéral, je n’aime pas le Canada de Stephen Harper et j’ai honte d’être Canadien quand je vois ce qu’on fait sur la scène internationale.»

Questions et réponses

Questionné par Le Messager à savoir se sa venue à Montréal passait par un nouveau parti ou au sein d’un parti existant, Denis Coderre a répondu: «je ne suis pas rendu là». Viendrait-il seul à la mairie ? «C’est sûr que si j’y vais, ce sera avec une équipe.»

Est-il possible de relancer le Parti libéral fédéral ? «Absolument. On ne vote jamais pour l’opposition. On défait le gouvernement et celui de Harper va être là depuis dix ans. Les gens vont voir le bilan et le Parti libéral sera l’alternative. Au Québec, les gens ont surtout voté pour Jack Layton. C’était une réaction émotive. La prochaine fois, le Québec sera un terreau fertile et un Québécois peut faire la différence.»

Et la venue de Justin Trudeau ? «Ce serait une bonne chose. J’ai beaucoup de respect pour lui. Il faut arrêter de se battre contre quelqu’un. Je ne crois pas au couronnement. Du choc des idées jaillit la lumière.»

Sa petite histoire

Fils d’un menuisier et natif de Joliette, Denis Coderre a grandi à Saint-Alphonse-de-Rodriguez et a «immigré» à Montréal-Nord depuis 40 ans.

«J’ai toujours voulu donner une voix à ceux qui n’en avait pas. Je savais dès mon jeune âge que j’allais probablement faire de la politique.»

Son cheminement a été chaotique. «En 1987, j’ai été candidat à Joliette et j’ai perdu. En 1990, j’étais organisateur pour Jean Chrétien. Quand Jean-Claude Malépart est décédé, on m’a demandé d’être candidat dans Laurier-Sainte-Marie. C’était après la mort de Meech et j’ai été l’agneau sacrifié. J’en ai mangé une maudite !»

«En 1993, j’ai été déclaré élu par 34 voix et pendant que je faisais mon discours devant 500 personnes, on a reçu un appel comme quoi il y avait erreur dans le comptage et que je perdais par 79 voix. En recomptage judiciaire, j’ai perdu par 34 voix. Pendant quatre ans, j’ai travaillé comme un forcené et le 2 juin 1997, j’ai remporté ma première victoire par 8 900 voix.»

Comme ministre des Sports, Denis Coderre est fier d’avoir remanié la politique d’aide aux athlètes olympiques. «On a obtenu l’agence mondiale anti-dopage avec des retombées de 150 M $.J’ai été ministre de l’Immigration et de la Citoyenneté et j’ai vécu la guerre des clans entre Paul Martin et Jean Chrétien. J’ai plein de cicatrices dans le dos mais j’ai été loyal envers mon parti et son chef.»

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