Les assemblées de quartier font leur bilan
« Certaines personnes vivent dans un véritable désert alimentaire. Pour les habitants de notre secteur, c’est plus proche aller à Laval pour faire son épicerie que de se rendre sur les boulevards Henri-Bourassa ou Pie-IX », a lancé Daniel Bissonnette, membre du Regroupement citoyen de l’Îlot Pelletier. De nombreuses personnes présentes à l’Inter-Assemblée de quartier organisée par Montréal-Nord en santé ont abondé dans le même sens.
« Nous sommes plusieurs à ne pas avoir accès à des services de proximité de base, à des fruits et légumes frais. Il faudrait qu’un marché public soit ouvert dans le secteur de l’intersection du boulevard Pie-IX et de la rue d’Amos », a proposé une citoyenne, recevant l’appui unanime des autres présents.
Besoin de plus de financement
Montréal-Nord compte trois assemblées de quartier pour les secteurs Est, Centre et Ouest. Elles se réunissent chacune trois fois par année avant de se rassembler dans le cadre d’une Inter-Assemblée annuelle, comme ce fut le cas la semaine dernière. L’organisme revendique près de 60 membres provenant des milieux scolaires et communautaires, en plus de travailler en collaboration avec les agents du Poste de quartier 39.
Montréal-Nord en santé ne compte que deux employés, une directrice générale récemment embauchée et une adjointe administrative. Une chargée de projet est aussi attachée à un projet de revitalisation urbaine intégrée, mais l’agente de mobilisation de l’organisme, qui a travaillé pendant un an grâce à une subvention de la Direction de la santé publique, a quitté, faute de reconduction de ce financement.
Dans ce contexte, certains citoyens présents lors de l’Inter-Assemblée du 30 mai se sont interrogés sur les capacités réelles de Montréal-Nord en santé et sur le risque que le poids de la tâche de mobilisation soit remis sur les épaules des bénévoles. Daniel Malo, secrétaire du conseil d’administration de l’organisme, a tenté de les rassurer. « Il y a d’autres tables de concertation, dans certains quartiers, qui ont su se développer et compter sur plus de ressources, entre autres l’embauche d’une personne travaillant à temps plein en mobilisation, et nous avons ici les mêmes ambitions », a-t-il dit.
« Nous faisons des démarches senties auprès des bailleurs de fonds et elles sont axées sur l’embauche d’une ressource en mobilisation. Nous n’avons pas un problème de conviction, mais un problème de fonds », a ajouté M. Malo.