Une Verdunoise de retour du Mali
Directrice pour le Québec de CARE Canada, la Verdunoise Marie-Ève Bertrand est récemment revenue du Mali, où elle est allée visiter des communautés affectées par l’insécurité alimentaires, la sécheresse et les troubles qui sévissent au nord du pays.
«Quand il y a des situations humanitaires d’urgence, je suis parfois envoyée sur le terrain pour voir ce qu’il s’y passe, rapporter l’information, rencontrer les gens et faire état de la situation à CARE», explique celle qui fait partie de l’équipe d’urgence pour le volet communication.
Et c’est ce qu’elle est allée faire au Mali qui, rappelons-le, vit des problèmes importants sur plusieurs fronts, notamment au nord, qui depuis un coup d’état militaire est contrôlé, depuis mars, par des milices armées rebelles islamistes.
Le sud, lui, connait l’une des pires sécheresses depuis plusieurs années, une problématique importante quand l’on sait qu’une bonne partie de la population de cette zone vit de l’agriculture.
«Les médias parlent beaucoup de Tombouctou et tout ce qui s’y passe, mais il y a également la sécheresse qui sévit depuis près d’un an et la pauvreté qui gagne du terrain. Les gens sont vulnérables et victimes d’insécurité alimentaire, explique-t-elle. Des gens qui avaient au départ très peu se sont surendettés, juste pour se nourrir.»
De plus, les troubles armés évoqués plus haut compliquent également les choses, les gens qui échappent à la violence allant se réfugier au sud, notamment dans la région de Mopti, où Marie-Ève Bertrand a passé une partie de son séjour de dix jours.
«Avec les groupes armés dans le nord, on parle d’environ 160 000 Maliens qui ont fui pour aller plus au sud. J’ai rencontré des familles qui ont tout laissé parce qu’elles avaient peur pour leur vie, explique-t-elle.
Souvent, ces familles doivent être accueillies par d’autres qui se trouvent également dans une situation problématique.
«Des familles qui étaient déjà pauvres et avaient de la misère à survivre doivent maintenant également accueillir d’autres familles pauvres qui ont également de la difficulté à s’alimenter», dit l’employée de CARE.
De plus, les conflits et la sécheresse rendent également Mopti, une région touristique qui regroupe des villes protégées par l’UNESCO, complètement méconnaissable.
«On m’avait dit qu’il y avait une baisse dans le tourisme depuis des semaines, mais je me suis aperçue en arrivant là-bas que l’endroit avait littéralement été déserté par les voyageurs, un autre facteur qui fragilise grandement l’économie locale», dit-elle.
À la lumière de ces faits et de ce qu’elle a vu sur le terrain, il ne fait aucun doute que la situation est pour le moins inquiétante. «Je suis allé dans certains endroits où 100% des gens des villages souffraient de malnutrition et avaient urgemment besoin d’une aide alimentaire pour survivre le prochain mois», explique-t-elle.
Les habitants de l’endroit sont, bien sûr, reconnaissants de l’aide apportée par les organisations humanitaires, tout en étant trop fiers pour s’apitoyer sur leur sort.
«Un homme que j’ai rencontré là-bas m’a confié qu’il était très reconnaissant de notre aide, mais qu’il n’aimait pas devoir compter sur nous pour survivre, parce qu’ils sont des gens fiers, des agriculteurs et des éleveurs de bétail qui désirent être autonomes», explique Marie-Ève Bertrand.
CARE compte rester sur place durant les quatre prochains mois pour assurer la distribution alimentaire et distribuer des trousses d’urgence.