Les élections scolaires bientôt abolies
Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, François Blais, a annoncé, le 14 avril, son intention d’abolir les élections scolaires. Cette décision aura un impact majeur dans Hochelaga-Maisonneuve, estime la commissaire scolaire du secteur, Diane Beaudet.
«C’est une décision très préoccupante, surtout pour le quartier. Je me fais interpeller tous les jours, au marché ou dans la rue, par des parents qui se questionnent sur le système scolaire. Nous sommes le premier palier de proximité dans le milieu de l’éducation. Si nous sommes remplacés par des membres d’un conseil d’administration, est-ce que les parents oseront toujours prendre la parole», s’interroge Mme Beaudet, qui a été élue pour un second mandat, en novembre dernier.
Devant la participation anémique des dernières élections scolaires – moins de 5 % des électeurs se sont rendus aux urnes – le ministre Blais est convaincu que le modèle actuel est désuet et doit être modifié.
Alternatives
M. Blais n’a pas encore défini la structure qui remplacera les élections et les commissaires scolaires.
«J’ai évoqué des possibilités, mais nous savons très bien comment trouver des personnes pour représenter des parents et des établissements. Peut-être des gens des milieux municipaux», a-t-il indiqué.

«Le projet n’est pas clair. M. Blais a avoué à notre présidente, Catherine Harel-Bourdon, qu’il ignorait ce qu’était un commissaire avant qu’il la rencontre, il y a deux semaines. Il est en train d’abolir un poste dont il ignore les responsabilités», fait valoir Mme Beaudet.
Parmi les propositions abordées, on suggère la création d’un conseil d’administration (CA) composé d’élus, de fonctionnaires ou d’employés du milieu scolaire.
«Nous avons choisi ces responsabilités par conviction. Je ne crois pas qu’un CA serait aussi dévoué à la tâche que nous le sommes», souligne la conseillère de Hochelaga-Maisonneuve.
Les répercussions
L’abolition des commissaires scolaires causera plusieurs impacts sur de nombreux dossiers importants dans Hochelaga-Maisonneuve, notamment les trois écoles fermées pour moisissures, avance Mme Beaudet.
«Ce sont déjà des dossiers très complexes sur lesquels nous travaillons d’arrache-pied depuis longtemps. Je crois que l’arrivée d’un CA retarderait les choses. Selon moi, l’école Baril n’ouvrirait pas en 2016», laisse-t-elle savoir.
Le ministre a affirmé garder la porte ouverte aux discussions. Plusieurs rencontres sont prévues au cours des prochaines semaines.