Manifestation étudiante à Paris: Loin des yeux, près du coeur
Une quarantaine de Québécois, majoritairement des étudiants à l’étranger, ont manifesté, vendredi, devant les bureaux de la Délégation générale du Québec à Paris. Un acte de protestation contre la hausse des droits de scolarité. Sans grabuge ni violence, ce rassemblement de solidarité envers les étudiants du Québec a aussi permis de rallier quelques Français à leur cause.
Parmi les voitures de luxe et les hommes d’affaires du 16e arrondissement à Paris, ces jeunes Québécois se sont donné rendez-vous, affiches et feutres à la main, pour apporter leur soutien aux étudiants grévistes du Québec. Une manifestation de 2h qui s’est déroulée dans le calme et la discussion. Aucune intervention policière n’a été réalisée.
Ils sont venus de partout à travers l’Europe pour montrer leur solidarité. Anne-Sophie Ouellet, étudiante en philosophie à l’Université Laval, n’a pas hésité à partir de Bruxelles pour assister à la manifestation. «Je me sens loin. Je me sens absente de ce mouvement que je considère être une mobilisation citoyenne extraordinaire. Je suis extrêmement fière du Québec en voyant les manifestations étudiantes», déclare-t-elle.
Quelques Français, curieux de connaître leurs revendications, se sont arrêtés dans la rue pour poser des questions aux manifestants. Certains se sont même joints à la foule. C’est le cas de Marion Berchet, Française habitant à Paris, qui a donné son support aux étudiants québécois. «Je pense que c’est important de se mobiliser parce que la hausse est vraiment grande. En France, je pense qu’il y aurait beaucoup de manifestations si on augmentait autant les droits de scolarité», soutient-elle.
L’initiateur de la manifestation, William-J Beauchemin, étudiant en philosophie à l’UQAM et actuellement en séjour d’études à Paris, s’est dit satisfait de l’événement. Il salue l’ouverture des forces policières qui sont restées à distance durant l’événement. Il regrette toutefois le refus de la Délégation générale du Québec à Paris de rencontrer les manifestants. «Cela montre encore la politique du gouvernement, fermé au dialogue», affirme-t-il.
Le mouvement de solidarité internationale continue de grandir. Le 24 mars aura lieu une manifestation éclaire («flash mob») à Londres, organisée par des étudiants québécois en Grande-Bretagne.