Bill Gates fait reculer la pauvreté
Il est loin, le temps où Bill Gates apparaissait comme le patron machiavélique qui avait réussi à coloniser, via Windows, la grande majorité des ordinateurs de la planète. Mardi, le fondateur de Microsoft était à Paris pour une tout autre chose: promouvoir, avec l’association ONE, l’aide au développement et lancer la campagne Living Proof, qui vise à montrer l’efficacité de l’aide aux pays pauvres. Et, en la matière, Bill Gates est devenu le nouveau champion de la solidarité internationale.
En 2000, il crée, avec sa femme, Melinda, la Fondation Gates. Aujourd’hui, celle-ci est la plus importante du monde, avec une dotation de 30 milliards de dollars. Elle emploie 890 personnes et dépense chaque année plus de 2 G$US dans des actions de santé, de soutien à l’agriculture ou d’éducation.
Elle est même devenue le deuxième bailleur de fonds de l’organisation mondiale de la santé (OMS), et multiplie les partenariats avec les géants de l’industrie pharmaceutique pour tenter de développer des vaccins. «Nous sommes les plus gros donateurs dans la recherche contre le paludisme, explique M. Gates. Nous travaillons en partenariat avec GlaxoSmithKline à un vaccin qui devrait réduire la mortalité de 60%.» Celui qui s’est fixé comme objectif «d’éradiquer la polio, comme on l’a fait pour la variole en 1979», veut mobiliser les gouvernements et secouer les opinions publiques avant les sommets du G8 et du G20.
Car, avec la crise économique, les gouvernements sont tentés de rogner sur l’aide internationale pour réduire les déficits. «Les gens doivent comprendre l’importance de cette aide. L’impact est considérable.» D’autant que donner fait du bien: «Je suis très heureux de dépenser tout mon argent dans ces projets», explique, magnanime, Bill Gates. Raison de plus pour suivre son exemple.