Une consultation publique pour calmer les tensions sur le Plateau?
Les tensions qui découlent du débat sur la place de l’automobile sur Le Plateau-Mont-Royal vont s’exacerber, croit une politologue de l’Université de Montréal. Pour les atténuer, elle suggère aux citoyens de demander une consultation publique sur le stationnement et les mesures d’apaisement de la circulation.
Laurence Bherer, une professeure agrégée en science politique qui s’intéresse à la participation des citoyens à la gestion publique et à la démocratie locale, propose aux citoyens de se tourner vers l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).
«Il y a un droit à l’initiative citoyenne de l’OCPM qui permettrait aux citoyens d’obtenir une consultation publique sur la situation du stationnement et de la circulation dans Le Plateau-Mont-Royal. Toutes les parties pourraient mieux comprendre la grogne de part et d’autre et ce serait un tiers, indépendant, qui superviserait le processus», explique Mme Bherer.
Vérification faite auprès de l’OCPM, une telle initiative serait possible. Les citoyens devraient d’abord récolter 25 signatures pour ensuite déposer leur projet de consultation publique à l’arrondissement. Si ce dernier est jugé conforme, les instigateurs auraient par la suite 90 jours pour récolter 4507 signatures. Si ce nombre est atteint dans le délai prescrit, le tout enclenche le processus de consultation publique.
Les citoyens pourraient alors soumettre mémoires et témoignages.
«La question de la place de l’automobile va prendre de plus en plus d’espace, dans le débat public, à l’avenir et c’est vrai pour tous les quartiers centraux de Montréal. C’est certain que le conflit va encore plus s’exacerber dans le Plateau, comme on le voit dans Rosemont. J’habite Villeray et là aussi, une grogne commence à se faire sentir», avance Mme Bherer.
Lorsqu’on lui demande pourquoi le débat est aussi intense dans Le Plateau-Mont-Royal, comparativement à d’autres arrondissements, Mme Bherer croit que les médias ont un rôle à jouer.
«Le Plateau-Mont-Royal reçoit une énorme couverture médiatique, comme nulle part ailleurs. On tend souvent le micro aux mécontents, ce qui peut expliquer l’escalade», conclut-elle.