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Festival international du film de Palm Springs: des étoiles dans le désert

PALM SPRINGS, CA - JANUARY 02: Actor Michael Fassbender (L) accepts the International Star Award from actress Kate Winslet onstage at the 27th Annual Palm Springs International Film Festival Film Festival Awards Gala at Palm Springs Convention Center on January 2, 2016 in Palm Springs, California. (Photo by Jason Merritt/Getty Images for PSIFF) Photo: Getty Images for PSIFF

Événement qui marque le début de la saison pailletée des galas hollywoodiens, le Festival international du film de Palm Springs allie grands noms, grand écran et grands films. Grandiose.

Située à environ 170km de Los Angeles, Palm Springs respire le cinéma, et ses trottoirs sont parsemés de stars. Au centre-ville, petit, rempli de bars et de cafés aux terrasses occupées malgré la température fraîche, on marche sur les noms, gravés au sol, de Catherine Deneuve, de Frank Sinatra, de Lauren Bacall. On admire aussi la statue commémorative représentant la fierté locale, feu Sonny Bonno – qui a déjà été maire de la municipalité –, puis l’étoile de Marilyn Monroe, icône qu’on retrouve quelques pas plus loin en format grandeur nature, enveloppée d’un drapeau arc-en-ciel et accueillant les convives d’un resto-déjeuner. Bienvenue, bienvenue.

Si en avril les lieux sont envahis par une marée de jeunes gens hip venus célébrer le gigantesque festival musical de Coachella, l’atmosphère, en ce début du mois de janvier, est plus au chic et, en soirée, au glamour. Des qualités qui se reflètent lors du fort couru Awards Gala. Une cérémonie «robes longues et costards», qui marque le premier échelon de la folle course aux trophées cinématographiques. Un rallye qui durera encore plusieurs semaines, et dont la deuxième grande étape se tiendra dimanche prochain, jour des convoités Golden Globes.

Mais, mais, mais, c’est à Palm Springs que tout commence, nous a-t-on rappelé quelques fois ce week-end, les responsables notant qu’ils se trompent rarement en remettant leurs récompenses et affirmant qu’un sacre dans le désert équivaut souvent à la réception d’une statuette dorée nommée Oscar un mois plus tard. Ainsi, en tendant le prix Spotlight à Bryan «Breaking Bad» Cranston, pour son rôle dans Trumbo, dame Helen Mirren a souligné que cet honneur avait par le passé été accordé, entre autres, à Helen Hunt et à Amy Adams, qui ont toutes deux «gagné un Oscar après. Alors, iiiiih, croisons les doigts!»

Cela dit, malgré l’importance accordée à la chose, le gala était détendu… et les gagnants connus d’avance. Après avoir fait mine d’être surprise, «oh, my!», Cate Blanchett, honorée pour sa performance dans Carol, a d’ailleurs remercié le festival de prévenir les lauréats avant le grand jour.

Toutefois, même s’ils savaient qu’ils monteraient sur scène, la plupart des acteurs ont déplié, déception, leurs petits papiers de grands discours. Parmi les rares qui ont fait une entorse à la règle, il y a heureusement eu la bande de mâles de The Big Short, un film réalisé par Adam McKay, qui y revient sur la crise économique de 2008. Parmi ces messieurs, le barbu Christian Bale a intrépidement noté au micro, sourire en coin, qu’il n’avait «jamais assisté à un gala où on prêtait si peu attention à ce que les gagnants disaient» et qu’il se permettrait donc «de raconter n’importe quoi». Son comparse Steve Carell a quant à lui souligné l’absence de leur ami de plateau Ryan Gosling avant de remarquer que «bah, de toute façon, on haït tous Ryan!» (fans de lui, ne vous en faites pas, c’était un gag).

Également plus décalée? Kate Winslet, l’élégante, qui a raconté sa rencontre avec l’imparable Michael Fassbender dans le cadre du tournage de Steve Jobs, le biopic. «Il m’a fait un câlin et m’a serrée dans ses bras un peu plus longtemps que les conventions ne le dictent. Pendant un instant, j’ai pensé qu’il voulait que je le soulève. Mais la vérité, c’est que ce grand acteur n’avait pas besoin de moi pour le soutenir.» À ce témoignage qui se voulait très touchant, Mike a répondu, drôlement lubrique: «C’est vrai que je t’ai serrée dans mes bras trop longtemps ce jour-là, Kate. J’en ai même sali mon pantalon.» Miss Winslet a éclaté de rire.

Notons également l’originalité du discours de Johnny Depp, qui est monté sur scène en demandant à la salle: «Pis, il est comment le bœuf?» À ce sujet, soulignons que, sur le tapis rouge, il y a eu plusieurs cris, mais c’est lorsque M. Depp est arrivé, «Heeeeere’s Johnny!», après le passage éclair de son épouse, Amber Heard, que les cris se sont faits franchement suraigus. À nos côtés, une journaliste s’est liquéfiée et, plutôt que de lui poser une question, s’est exclamée spontanément en lui prenant la main: «OH! I LOVE YOU!» L’acteur a souri. Des demoiselles à ses pieds? La routine.

Pour notre part, s’il avait fallu dire notre admiration à quelqu’un sur cette rouge carpette, ç’aurait été à Ben Mendelsohn, incroyable acteur que plusieurs ont découvert dans la super série Bloodline. Cheveux ébouriffés, avec cet air savamment chic-délabré qui est le sien, il a remis un prix à l’autre vedette de Carol, la brune Rooney Mara, qui a offert pour sa part des remerciements enrhumés ponctués de «hum». Sinon, dans un élan fort inspiré, Ridley Scott a présenté le grand trophée de la soirée, le Chairman Award (un nom très officiel, dont le récipiendaire s’est gentiment moqué) à son ami Matt Damon pour sa prestation dans le film à grand déploiement (et à succès) The Martian, et pour tout ce qu’il est: «Un philanthrope, un homme de famille, un type qui est tout sauf platte et qui sait apprécier le vin rouge.» En d’autres mots? «La seule personne que je pouvais amener sur Mars avec moi.»

PALM SPRINGS, CA - JANUARY 02: Actor Christian Bale attends the 27th Annual Palm Springs International Film Festival Film Festival Awards Gala at Palm Springs Convention Center on January 2, 2016 in Palm Springs, California. (Photo by Charley Gallay/Getty Images for PSIFF)

Soirée sous surveillance
En arrivant au Convention Center, où se tenait le grand gala, le regard des convives pouvait choisir de s’attarder sur les passants qui se massaient à l’entrée avec leurs affiches, leurs stylos-feutres noirs et leur désir d’autographes. Ou encore admirer le paysage impressionnant pour quiconque n’a pas l’habitude de vivre entouré d’un canyon (la plupart des gens) et de palmiers (beaucoup de gens). Mais il pouvait aussi se dire que tiens, tous ces camions de sécurité, tous ces gardes, c’était un peu beaucoup…

Peut-être était-ce propre à cet événement? Non. Tellement pas en fait que, durant la cérémonie, Harold Matzner, le directeur du festival, a pris un moment, un bon, pour expliquer les mesures de sécurité et la présence de camions blindés du SWAT. Un instant quelque peu surréaliste… «Le gala de ce soir est tenu sous sécurité maximum, même s’il n’y absolument aucune menace.» Saluant le shérif, il a d’ailleurs expliqué le système mis en place, «conçu pour être hautement réactif». «On ne devrait pas avoir besoin de procéder ainsi en Amérique, a-t-il conclu solennellement. Mais c’est la bonne chose à faire et nous l’avons faite.»

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