Soutenez

De nombreux problèmes soulevés par le VG

Photo: Josie Desmarais/Métro

Lacunes coûteuses dans la gestion des projets, reddition de comptes déficiente, manque de suivi des recommandations… le rapport déposé lundi par le vérificateur général (VG) Jacques Bergeron montre du doigt de nombreux problèmes à la Ville de Montréal. Métro en a relevé quelques-uns, en plus de recueillir la réponse de l’administration Coderre en ce qui concerne les dossiers du Service des technologies de l’information et des contrats aux entreprises non conformes.

Aucun contrat à des entreprises non conformes, assure la Ville

Aucun contrat de la Ville de Montréal n’a été octroyé à une entreprise inscrite au Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics, a assuré hier le président du comité exécutif, Pierre Desrochers.

Le Service de la concertation des arrondissements a récemment rappelé que la certification de l’Autorité des marchés financiers (AMF) doit être exigée des entreprises qui convoitent des contrats de plus de 100 000 $ ou des sous-traitances de plus de 25 000 $ touchant les réseaux d’aqueduc, d’égout et de voirie, ainsi que les enrobés bitumineux, a rapporté M. Desrochers. Ce dernier a indiqué qu’un «suivi périodique» sera effectué.

«Ce qui est important, c’est de s’assurer qu’on a tous la même interprétation [des décrets], a insisté le président du comité exécutif. Il faut qu’on ait tous les mêmes processus et les mêmes façons de travailler.»

Pierre Desrochers a ajouté que le Service de la performance organisationnelle travaille à uniformiser les documents contractuels et les appels d’offres.

Dans le rapport du VG, on indique que les arrondissements ne s’assurent pas toujours que les entreprises à qui ils accordent un contrat de plus de 100 000 $ détiennent un certificat de l’AMF. Cette exigence n’est pas toujours mentionnée dans les documents d’appel d’offres, les contrats et même les sommaires décisionnels qui sont remis aux élus, ce qui fait en sorte que des entreprises non conformes pourraient obtenir des contrats, d’après le VG. Pierre Desrochers a convenu qu’un risque peut exister, surtout pour les sous-traitants.

C’est pourquoi il entend renforcer les procédés de la Ville.

– Marie-Ève Shaffer

Mieux définir les besoins du STI

La gestion s’est améliorée au Service des technologies de l’information (STI), assure la Ville de Montréal.

Métro rapportait hier les lacunes présentées dans le dernier rapport du VG concernant le STI. On y indique que le STI, qui s’occupe des services informatiques et de radiocommunication de la Ville, ne réalise pas une évaluation précise et documentée de ses besoins et des coûts qui y sont associés avant de faire appel à des firmes privées dans des ententes-cadres. Le nombre d’heures demandé aux firmes est également trop élevé, ce qui peut désavantager les petites firmes.

L’administration de Montréal a réagi à ces propos hier en disant qu’elle partage les constats du VG et qu’elle doit mieux définir les besoins du STI à l’avenir avant de conclure des ententes-cadres. Elle soutient que les ententes-cadres constituent toutefois la meilleure option pour combler ses besoins, mais qu’après analyse, des ajustements ont été faits.

Ainsi, les élus du conseil municipal ont voté lundi pour une entente-cadre en service informatique qui a été divisée en 12 lots (mandats), plutôt que 5 en temps normal, ce qui réduit les risques de concentration entre les mains d’une seule entreprise. «Il y a eu toute une préparation pour [assurer une meilleure concurrence], s’assurer que les profils qu’on demande correspondent au marché […] et faire l’évaluation du fournisseur», a indiqué Harout Chitilian, responsable des technologies de l’information à la Ville de Montréal.

– Laurence Houde-Roy

Manque de mesures pour réduire la facture énergétique

À la Ville de Mont­réal, toutes les unités d’affaires ne mettent pas l’épaule à la roue pour réduire la facture énergétique, actuellement évaluée à 87 M$ par an pour les 1 300 édifices municipaux.

Le VG note que les arrondissements et le Service de l’eau, qui gère les usines, ne se sont pas fixé d’objectifs mesurables pour réduire leur consommation et n’ont mis en place aucune mesure de contrôle de leurs bâtiments. Quant à la direction qui gère le patrimoine immobilier restant, elle s’est fixé un plan d’action, mais n’a pas instauré de mécanismes de reddition de comptes, note le VG.

Une diminution de la facture énergétique contribuerait à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre de la Ville d’ici 2020. La Ville a répondu au rapport du VG en disant qu’elle partage ce constat selon lequel un processus de reddition de comptes doit être créé.

– Mathias Marchal

Suivi inquiétant
Le VG s’inquiète que le suivi et la mise en application de ses recommandations diminuent d’année en année.

  • En 2012, la Ville s’était fixé comme objectif d’avoir mis en application 70 % des recommandations un an après le dépôt du rapport. Un an plus tard, 43 % des recommandations étaient mises en application, dit le VG.
  • Un an après le rapport de 2014, seulement 35 % de ses recommandations ont été mises en application, ajoute-t-il. Mais la Ville parle plutôt de 85 % des recommandations qui auraient été réalisées ou seraient en voie de l’être.
  • Le VG précise que si la recommandation est «en cours de réalisation», il ne l’inclut pas dans son pourcentage parce que certains petits gestes pour faire avancer un dossier peuvent ensuite rester lettre morte pendant des années.
  • La Ville soutient qu’elle a toujours accordé la priorité aux recommandations urgentes, comme la gouvernance du Technoparc en 2014 et les opérations de déneigement.

D’ici 2018, 6 des 33 employés du Bureau du vérificateur général quitteront leurs fonctions. Le vérificateur général sortant, Jacques Bergeron, a affirmé qu’il est difficile de trouver de la relève. Il a tenté une explication en soulignant que deux comptables ont refusé de se joindre au Bureau parce qu’ils auraient alors été syndiqués. L’absence de bonus de performance peut aussi être une raison de ce manque d’intérêt, de même que l’ampleur de la tâche. Le Bureau consacre jusqu’à 800 heures à la réalisation d’un seul mandat.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.