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Toujours trop de cerfs dans le parc de la Pointe-aux-Prairies

Toujours trop de cerfs dans le parc de la Pointe-aux-Prairies
Serge Sicotte a pris cette photo d'un cerf de Virginie femelle le matin du 21 novembre 2016 dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, alors recouvert de la première neige de la saison.

Bien qu’on en compte moins qu’il y a quelques années, les cerfs de Virginie sont toujours trop nombreux pour assurer une biodiversité harmonieuse dans le parc de la Pointe-aux-Prairies. Cette situation pousse la Ville à réagir.

 

La Ville de Montréal a «prévu d’amorcer en 2019 une réflexion en regard de la situation du cerf dans ce parc», sans pour autant préciser un échéancier ou de nouvelles mesures qui pourraient être envisagées.

Le dernier décompte, effectué en 2017 par la Ville de Montréal avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP), indique que 32 cerfs composent le cheptel de l’est, alors qu’ils étaient 41 en 2014.

Malgré cette diminution, la Ville reconnaît que «la population est supérieure à la densité recommandée par le MFFP, qui se situe à cinq cerfs par km2, afin de maintenir l’équilibre écologique d’un milieu».  Cela représente un surplus d’une vingtaine de cerfs environ.

Cette surpopulation n’est pas sans effet puisque les autorités reconnaissent que la végétation s’est transformée «depuis quelques années» dans le parc de la Pointe-aux-Prairies. On y trouve ainsi «moins d’espèces herbacées de sous-bois, et davantage de nerprun, une plante envahissante qui occupe les espaces laissés libres par les végétaux morts trop fortement broutés.»

Un problème à régler

Le cerf de Virginie, un mammifère herbivore, peut consommer quotidiennement 5 % de son poids en végétaux.

«Lorsqu’un milieu est perturbé, des espaces peuvent se créer et s’il y a du nerprun, vous pouvez être sûr qu’il prendra la place libre», explique Geneviève Pommerleau du Conseil Régional de l’Estrie, une région qui est aussi confrontée à la présence du nerprun.

Très résistant, cet arbuste aux fruits peu appréciés des oiseaux s’affaiblit très tard à l’automne et reprend vigueur très rapidement au printemps. Jumelé à son caractère très envahissant, ces spécificités empêchent le développement des autres formes de végétaux poursuit Genviève Pommerleau.

La Ville assure prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le phénomène de surpopulation des cerfs de Virginie. Elle révèle notamment que des surfaces clôturées dans lesquelles les cerfs ne peuvent pénétrer sont installées pour favoriser la régénération du bois et protéger les plantations.

«Depuis 2014, il y a eu des rencontres régionales regroupant des gens provenant de la rive sud et de Montréal, chapeautées par le MFFP, visant à discuter des situations de chacun des territoires, des résultats d’inventaires, des moyens mis en œuvre pour contrer certaines problématiques en rapport avec les populations de cerfs», ajoute la Ville.