Une meilleure représentation des minorités réclamée dans les manuels d’histoire
Québec affirmait le mois dernier vouloir mieux accommoder les communautés autochtones dans le cursus d’histoire au secondaire. Un groupe pour l’amélioration des cours d’histoire s’insurge et demande que l’ensemble des communautés minoritaires obtiennent une place plus importante dans les manuels scolaires.
C’est «le programme complet qui [devrait être] corrigé», a remarqué le président du Comité pour l’amélioration du programme d’histoire du Québec (ComECH-Québec), Robert Green, dans un communiqué publié mardi.
À la fin du mois de mai, les écoles de la province ont reçu un mémo du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur dans lequel il était indiqué que les manuels d’histoire de secondaire 3 seraient modifiés pour mieux répondre aux révélations de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR) sur les «pensionnats indiens».
Le ComECH se dit encouragé par cette décision, mais il exige que les autres groupes minoritaires québécois profitent des modifications au sein des manuels de secondaire 3 et 4. Selon leurs observations, le programme actuel «diabolise les anglophones, omet une grande partie de l’histoire des Noirs au Québec, renforce les stéréotypes négatifs sur les musulmans et passe sous silence l’histoire de la xénophobie et de l’antisémitisme au Québec.»
Par exemple, lorsque les deux premières périodes d’industrialisation sont abordées dans le manuel de secondaire 4, on ne fait mention nulle part de l’important prolétariat anglophone, selon le ComECH. L’élite anglophone y est présentée comme «prédominante».
Le ComECH précise qu’il ne veut pas donner moins d’importance dans le livre aux actions négatives commises par le gouvernement britannique et la classe aisée anglophone.
Deux tables rondes, peu de progrès
Six membres du ministère de l’Éducation ont accueilli des représentants du ComECH lors de deux rencontres consultatives, en novembre 2017 et en février 2018. Le comité voulait y faire part de ses préoccupations par rapport au programme.
«Quand nous les avons rencontrés, nous leur avons demandé s’ils pouvaient nommer dans le manuel une seule contribution positive des communautés minoritaires à la société québécoise, a raconté M. Green, joint par Métro mardi. Parce qu’il n’y en a pas.»
M. Green et ses partenaires sont sortis «frustrés» de ces réunions. Selon lui, le ministère s’est davantage concentré sur le processus de modification du manuel plutôt que le contenu.
«Le gouvernement n’a pas agi [à la suite de nos demandes], et n’a même pas considéré nos demandes comme légitimes, a-t-il déploré. Pourtant, nous avons fourni des pages de références qui montrent tout ce qui pose problème.»
L’importance des élections
Les mois précédents la soirée électorale serviront de champ de bataille pour le ComECH, qui compte contacter tous les partis politiques de la province pour obtenir leur avis sur la question.
Un changement dans le programme d’enseignement permettrait de réduire la division, a indiqué M. Green. «Beaucoup de partis, ici au Québec, ont un discours qui accommode les anglophones et les minorités, a-t-il ajouté. Nous voulons que ce ne soit pas juste des mots.»
Le nouveau manuel de secondaire 3 devrait être disponible dès l’automne. M. Green ne sait pas si d’autres modifications pourront être apportées d’ici là.
Un comité de travail sur le programme d’histoire au secondaire a été mis en place par le ministère de l’Éducation, a indiqué le cabinet, qui n’a toutefois pas pu répondre aux questions de Métro sur le délai et les objectifs de ce groupe.