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La Ville de Montréal appelée à bonifier le budget des brigadiers scolaires

La Ville de Montréal appelée à bonifier le budget des brigadiers scolaires
Photo: Archives MétroLa sécurité des enfants est en jeu.

La Ville de Montréal devrait bonifier le budget alloué au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour l’embauche de brigadiers scolaires en plus d’envisager la possibilité de déployer ceux-ci pendant les journées pédagogiques.

Ces recommandations font partie du rapport déposé mardi matin à l’hôtel de ville de Montréal par la Commission de la sécurité publique, qui a été chargée dans les dernières semaines d’étudier les mesures à prendre pour améliorer la sécurité des déplacements entre la maison et l’école.

«Il est vrai que nous avons eu un moratoire sur l’embauche de brigadiers scolaires et ce que nous demandons, c’est de revoir cette manière de faire-là. […] Il est clair que nous voulons une bonification du budget des brigadiers scolaires», a déclaré mardi le président de cette commission municipale et élu de Projet Montréal, Alex Norris.

La commission municipale demande par ailleurs d’«examiner la possibilité» de déployer des brigadiers pendant des journées pédagogiques, une demande qui est inscrite au mémoire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) déposé pendant les consultations publiques sur le sujet. L’application d’une telle mesure ferait passer d’environ 180 à 200 le nombre de jours par année pendant lesquels des brigadiers seraient présents autour des écoles primaires de la métropole.

«Souvent, lors de journées pédagogiques, il y a autant d’élèves à l’école qui vont au service de garde ou à des activités parascolaires. Donc, s’il n’y a pas de diminution significative du nombre d’élèves qui circulent aux intersections dangereuses aux abords des écoles, il n’est pas logique d’exclure les journées pédagogiques des jours où on peut compter sur la présence de brigadiers», a expliqué M. Norris en marge de l’adoption de ces recommandations mardi.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a accueilli avec «enthousiasme» ces recommandations, mais a noté que la Ville devra déterminer de quelle manière elle financera l’augmentation du budget alloué à l’embauche de brigadiers scolaires.

«Si on doit revoir nos façons de faire et si on veut augmenter le nombre de brigadiers, ce sont quand même des sommes supplémentaires pour assurer la sécurité des citoyens. On est tout à fait pour ça, mais il faut aussi trouver des sources de financement», a-t-elle souligné mardi en marge d’une conférence de presse. 

Opposition
Ce rapport a toutefois essuyé des critiques de la part de l’opposition officielle à l’hôtel de ville. Le parti Ensemble Montréal estime que la commission municipale n’a pas été assez explicite dans l’importance de bonifier le nombre de brigadiers scolaires, qui stagne depuis plus de 20 ans malgré la croissance constante du nombre d’écoliers dans la métropole. Dans son rapport minoritaire, la formation politique demande à la Ville «qu’elle augmente leur nombre» pour tenir compte «des besoins exprimés» par divers arrondissements et commissions scolaires.

«Ça se peut que les policiers décident de déplacer des brigadiers d’une place à une autre et ils auront encore la latitude de décider si on met un ou deux brigadiers à une intersection», a réagi Abdelhaq Sari, vice-président de cette commission municipale et élu d’Ensemble Montréal, qui a voté contre ces recommandations mardi. 

«La Ville de Montréal aurait dû avoir le courage de demander explicitement au corps de police d’augmenter le nombre de brigadiers.» -Abdelhaq Sari, vice-président de cette commission municipale et élu d’Ensemble Montréal.

Dans son mémoire présenté pendant la consultation publique, la CSDM a proposé que le nombre de brigadiers augmente de 22% sur son territoire, en cohérence avec l’augmentation du nombre d’élèves dans ses écoles au cours des 10 dernières années.

Appelée à réagir, la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a dit espérer que des brigadiers additionnels seront déployés aux intersections les plus problématiques à proximité des écoles «dès la prochaine rentrée scolaire». Elle a par ailleurs salué la recommandation de la commission que soit réduite la circulation des véhicules lourds municipaux, comme les camions de déneigement, pendant les heures de rentrée et de sortie des classes.

«C’est dangereux quand il y a d’immenses camions de déneigement qui font l’enlèvement de la neige et qu’il y a des petits qui arrivent», a illustré Mme Harel-Bourdon.