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19:29 24 avril 2019 | mise à jour le: 24 avril 2019 à 19:29 temps de lecture: 3 minutes

Polytechnique de Montréal réduira la pollution des avions

Polytechnique de Montréal réduira la pollution des avions
Photo: Messager Lachine & Dorval - Olivier CroteauAprès dix ans de collaboration, Polytechnique Montréal et le groupe Safran mobiliseront experts et étudiants pour améliorer la qualité de vie des résidents affectés par le trafic aérien.

Des nouvelles pièces d’avion développées par Polytechnique Montréal, en partenariat avec le groupe français Safran, pourraient aider à diminuer la pollution sonore près des corridors aériens et limiter l’impact des vols sur l’environnement. Des investissements totalisant 15 M$ pour deux chaires de recherche permettront la création de concepts originaux.

Le projet pourrait exiger une dizaine d’années avant que les pièces envisagées soient officiellement mises sur le marché. «Cela peut prendre du temps, de la table à dessin jusqu’au produit final. Si tout se passe bien, ça pourrait aller plus vite. Présentement, nous en sommes à regarder les besoins», a indiqué François Bertrand, le directeur général adjoint et directeur de la formation et de la recherche de Polytechnique Montréal.

Quelque 80 étudiants seront impliqués dans le processus pour répondre aux besoins de l’industrie aéronautique canadienne. «Nous avons une équipe diversifiée de jeunes très dynamiques qui ont le goût de travailler avec l’industrie et d’avoir un impact positif sur la société», soutient la professeure titulaire du Département de génie mécanique, Annie Ross.

Dissiper le bruit

Un groupe se penchera plus particulièrement sur l’atténuation du bruit produit par les aéronefs. La Chaire Safran de traitements acoustiques passifs plurifonctionnels pour structures composites de turboréacteurs (TAPPIS) tentera notamment de concevoir des matériaux composites qui devront résister à de hautes températures.

Par exemple, huit mois de travail ont permis de synthétiser une mousse thermodurcissable dotée de bonnes propriétés acoustiques, en combinant les connaissances d’étudiants de chimie, d’aéronautique et de mécanique.

«Ce qu’on veut, c’est éviter ou réduire les bruits des moteurs, a expliqué Mme Ross. Les avions d’aujourd’hui sont beaucoup plus silencieux qu’ils l’étaient autrefois, mais le doublement du nombre de passagers fait en sorte qu’il y a plus de vols. La nuisance augmente à cause de cela.»

Les différentes mousses synthétiques créées en laboratoire pourront s’insérer dans la mécanique des appareils pour absorber le son.

Plus légers

Pour réduire la consommation de carburant, limitant du coup l’impact sur l’environnement, des pièces thermoplastiques serviront à diminuer le poids des appareils. C’est l’objectif de la Chaire Safran de fabrication additive des composites à matrice organique (FACMO). Les nouveaux matériaux pourront modifier la composition de la structure de l’appareil, du fuselage, des ailes ou du moteur.

«L’environnement est au cœur de cette collaboration, a dit le directeur du Groupe Safran, Stéphane Cueille. Il faut continuer à innover, car un monde où on ne pourrait pas voler n’est pas excitant.»

La fabrication de structures plus légères viendra aussi avec un souci de fiabilité et de résistance accrue à la corrosion.

L’investissement inclut une contribution de la Fondation canadienne pour l’innovation et du gouvernement du Québec d’environ 8 M$ pour l’achat d’équipements.

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