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12:35 26 août 2019 | mise à jour le: 26 août 2019 à 12:35 Temps de lecture: 3 minutes

Les panneaux «stop», bien plus français qu’on le croit

Les panneaux «stop», bien plus français qu’on le croit
Photo: Messager Lachine & Dorval - Olivier CroteauAu Québec, chaque municipalité peut choisir entre les termes «arrêt» et «stop», qui sont tous deux acceptés par l’Office québécois de la langue française.

L’affichage du mot «stop» sur les panneaux d’arrêt du territoire de Lachine préoccupe certains résidents, qui jugent que l’indication devrait être en français. Pourtant, l’octogone rouge s’avère déjà conforme à la langue des Québécois.  

L’article 22 de la loi 101 stipule que seulement le français est utilisé dans l’affichage des panneaux de signalisation. L’emploi de «stop» respecte cette disposition puisqu’il est reconnu comme un mot de la langue de Molière, au même titre qu’«arrêt».

Le grand dictionnaire terminologique confirme que ces deux termes sont acceptés pour désigner un arrêt obligatoire.

«Sur le plan linguistique, «arrêt» et «stop» sont justes, affirme la porte-parole de l’Office québécois de la langue française, Chantal Bouchard. Il est donc possible pour une administration municipale de choisir d’utiliser le terme de son choix.»

Les normes du ministère des Transports et le règlement sur la signalisation routière admettent également l’un ou l’autre.

Uniformiser

Un projet a été entamé dans l’arrondissement depuis bientôt 25 ans, qui vise à remplacer graduellement les panneaux «stop» endommagés par des signes «arrêt». Dans le cas d’une intersection à quatre rues, chaque octogone est remplacé. Ce processus a pour objectif d’uniformiser la signalisation sur le territoire.

«Ça coûterait une fortune de les changer tous d’un coup, indique la chargée des communications pour l’arrondissement, Sophie Lepage. Et il n’y a pas de besoin urgent du côté sécurité puisqu’ils sont très clairs pour les usagers de la route, ainsi que pour les piétons. En plus, ils suivent les normes de l’Office de la langue française.»

Les coûts estimés pour un panneau sont de 50$, sans compter les frais pour les bandes réfléchissantes et pour la main d’œuvre. Avec ses quelque 1000 installations sur le territoire, une uniformisation radicale pourrait engendrer une dépense supérieure à 50 000$.

«Quand on change une limite de vitesse dans l’arrondissement, on va changer la signalisation d’un coup pour s’assurer d’avoir la bonne vitesse partout, ajoute Mme Lepage. Mais en ce moment, il n’y a pas de raison d’engager de telles sommes.»

L’arrondissement évalue présentement que près de 70% des panneaux ont été remplacés sur son territoire depuis le début des opérations.

Saviez-vous que…

Le mot «stop», d’origine anglaise, est emprunté depuis plus de deux cents ans par la langue française, qui l’admet dans ses dictionnaires. Sa nature d’interjection exige qu’il soit suivi d’un point d’exclamation et on l’emploie comme un synonyme de «halte!».

L’exclamation «stop!» a été utilisée par l’auteur français Guy de Maupassant dans l’un des passages de son roman Mont-Oriol, publié en 1887.

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