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Retrait des derniers tramways à Lachine

Retrait des derniers tramways à Lachine
Photo: Gracieuseté - Société d'histoire de LachineEn août 1959, les derniers tramways ont défilé dans les rues de Montréal après un siècle de services.

Le transport fait depuis longtemps partie des enjeux traités par le Messager Lachine & Dorval. Et avec la venue prochaine du tramway, force est de se rappeler l’époque où le territoire était lui aussi doté de pareilles installations.

Bien que ces trains électriques peuplaient les rues de l’arrondissement dès le début des années 1900, c’est en septembre 1892 qu’est mis sur pied le Rocket; tout premier tramway électrique de l’île de Montréal. En moins de deux ans, 20 millions de déplacements sont effectués grâce à son service électrifié.

En 1910, l’achalandage franchit le cap des 100 millions. La Montreal Tramways Company (MTC) fera ensuite l’acquisition de la majorité des services de transports de la métropole et connaîtra son apogée au début des années 1920. À ce moment, plus de 500 km de voies sont enregistrés sur le réseau de tramways montréalais, transportant annuellement 230 millions de passagers.

Plus tard, plusieurs critiques ont forcé la Ville de Montréal à mettre sur pied la Commission de transport de Montréal (CTM), qui fera l’acquisition des services de transport et projettera aussitôt de les remplacer. L’année 1950 marquera le moment où les tramways seront pointés du doigt pour leur manque de flexibilité et leur tendance à bloquer la circulation. L’ère de ce moyen de transport semble alors tirer à sa fin.

Fin des services

Huit ans auront suffi à la CTM pour retirer complètement les trains électriques. En tout, 1 300 autobus reprendront le flambeau de leurs 939 prédécesseurs. D’ailleurs, le «Messager de Lachine», fondé en 1929 par son propriétaire Henry J. Duhamel, publie à ce sujet en début d’août 1958.

«La Commission du Transport de Montréal a avisé le Conseil de la Cité de Lachine qu’à compter de dimanche prochain, 10 août, un service d’autobus remplacera les tramways faisant actuellement le trajet entre la 6e Avenue et la Côte St-Paul», peut-on y lire.

Deux semaines plus tard, un second article est publié, faisant mention des derniers tramways du circuit 91 remplacés par les autobus en fonction sur les nouvelles lignes 191 et 192.

«Dimanche dernier, à 2h30, s’est effectué le dernier voyage du tramway faisant le trajet entre Lachine et Montréal, lit-on dans l’article du 21 août 1958. […] Après le 1er septembre 1959, on ne verra plus un seul tramway dans les rues de Montréal.»

Lors du défilé officiel de septembre 1959, anciens et nouveaux tramways ont parcouru la rue Notre-Dame, vers la 26e Avenue. Cela a été la fin de la parade et la conclusion d’un chapitre dans le domaine du transport public pour les Montréalais, après cent ans d’activités.

Le train de surface de la ligne rose, prévu pour 2030 dans l’arrondissement de Lachine, permettra de relier tout l’Est et l’Ouest en transport en commun, en plus de faire revivre l’air de ces premiers trains électriques.

Les tramways de 1897 à 1958

Le première ligne de tramway Lachine 91 était présente sur le territoire depuis janvier 1897. Celle-ci reliait la Place d’Armes, dans le Vieux-Montréal, et le parc Stoney Point de l’arrondissement, à la hauteur de la 44e Avenue.

La mise en service d’un deuxième système de tramway, le Lachine 92, a permis, entre 1925 et 1952, de desservir la population du quartier Summerlea, de la 44e Avenue à la 56e.

Afin d’alimenter cette nouvelle ligne, une sous-centrale électrique a été érigée en 1923, au croisement de la rue Notre-Dame Ouest et de l’avenue Saint-Pierre. Les lieux sont aujourd’hui occupés par la brasserie Le Cordon.

Le 7 novembre 1954, le segment entre les 6e et 44e Avenues a été retranché au profit des lignes d’autobus 191 et 192.

 

Un citoyen chanceux

Comme c’est le cas de nos jours, en plus de partager l’information communautaire et d’annoncer les différents événements culturels et sportifs, le Messager de Lachine d’autrefois publiait fréquemment des faits divers.

Dans l’édition du 5 mars 1936, il est écrit qu’un résident était passé près de perdre la vie aux abords d’une station de tramway de la ligne Lachine 91, qui se rendait jusqu’au Vieux-Montréal.

«Comme il s’élançait pour passer devant un tramway du circuit Montréal-Lachine, à 6 heures, hier soir, au poste d’arrêt de Montréal-Ouest, M. Montagu Richard, 56 ans, demeurant au 173, 17e Avenue […] fut heurté à la jambe par le marchepied, tomba inconscient sur la chaussée», peut-on lire.

L’incident, qui aurait pu se terminer tragiquement, a pourtant connu une suite des plus étonnantes. Alors que l’homme s’était affaissé près des rails, le conducteur, communément appelé garde-moteur à l’époque, s’est dépêché de le relever avec l’aide de voyageurs sur place.

«Le tramway le conduisit jusqu’au relai de la Compagnie des Tramways, à l’angle du chemin de la Côte Saint-Paul et de la rue Notre-Dame ouest, où l’ambulance de l’Hôpital Général vint le chercher», lit-on ensuite dans l’article.

Après l’enquête de constables, des nouvelles de l’hôpital ont confirmé que l’état de Richard Montagu était satisfaisant et que le drame avait été évité.

Encore aujourd’hui, le Messager Lachine & Dorval suit l’actualité de son territoire et s’entretient avec les autorités pour informer la population.

En mars 1936, le «Messager de Lachine» publiait sur la perte de conscience d’un résident, dont la vie aurait pu être en péril.