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08:52 27 novembre 2020 | mise à jour le: 27 novembre 2020 à 08:56 temps de lecture: 5 minutes

L’épidémie de COVID-19 provient-elle vraiment de Chine?

L’épidémie de COVID-19 provient-elle vraiment de Chine?
Photo: Getty Images)Il est largement admis que le nouveau coronavirus serait apparu à Wuhan en Chine, mais une nouvelle étude italienne pourrait changer cela.

Un an après l’identification du coronavirus, une nouvelle étude menée par des chercheurs italiens remet en question l’origine du virus mortel. Métro étudie comment l’histoire de cette pandémie pourrait changer la donne.

Il est largement admis que le nouveau coronavirus est apparu en Chine en novembre de l’année dernière. Le cas d’infection le plus ancien aurait été attribué à un homme de 55 ans qui pourrait être la première personne à avoir contracté l’infection virale le 17 novembre 2019. Cependant, il n’a jamais été confirmé comme étant le «patient zéro».

Plusieurs théories conspirationnistes sur l’origine probable du virus ont émergé après la confirmation de l’épidémie, dont des rumeurs selon lesquelles il aurait été créé dans un laboratoire de Wuhan.

«Nous savons avec certitude que les virus liés au SRAS-CoV-2 se trouvent chez les chauves-souris et qu’ils proviennent probablement de chauves-souris ou d’autres espèces sauvages», a expliqué Rasmus Nielsen, professeur de biologie intégrative de l’Université de Californie à Berkeley, aux États-Unis.

Transmission zoonotique

«Mais il n’y a aucune preuve que le SRAS-CoV-2 a été d’une manière ou d’une autre synthétisé ou manipulé en laboratoire, bien qu’il soit possible que le virus se soit échappé accidentellement d’un laboratoire qui l’étudiait.» 

La chasse au «patient zéro» se poursuit depuis le début de l’épidémie. Les experts estiment que si les premiers foyers d’infection sont identifiés, nous pourrions en savoir plus sur les origines possibles du virus.

«Cependant, les virus passent des animaux aux humains tout le temps, et l’explication la plus probable est que le virus a fait l’objet d’un transfert naturel et n’était pas le résultat d’une libération accidentelle d’un laboratoire. Nous cherchons toujours à savoir comment la transmission naturelle, ce qu’on appelle un transfert zoonotique, s’est produite afin que nous puissions mieux nous protéger contre des transferts similaires à l’avenir», ajoute M. Nielsen.

Des traces avant février 2020

Un an après le début de l’épidémie, une étude récemment publiée par l’institut italien du cancer a remis en question l’origine de la COVID-19, ainsi que le déroulement exact de la pandémie. Dans un article, des scientifiques ont confirmé la présence d’anticorps neutralisants anti-SRAS-CoV-2 dans le sang prélevé sur des patients en bonne santé lors d’un essai clinique de dépistage du cancer du poumon plusieurs mois avant la validation du premier cas en Chine.

«En septembre 2019, 14% de l’échantillon de volontaires qui ont participé à une enquête sur le cancer du poumon avaient des anticorps contre le nouveau coronavirus. En d’autres termes, le SRAS-CoV-2 circulait en Italie bien avant février [2020] et probablement depuis l’été 2019», indique-t-il. Si les données sont exactes, cela modifierait l’histoire de cette pandémie. Les auteurs de l’étude prévoient étudier davantage la question et mobiliser la communauté scientifique mondiale.

14%

En septembre 2019, 14% d’un échantillon de volontaires qui avaient participé à une enquête sur le cancer avaient des anticorps contre le SRAS-CoV-2.


Robert F. Garry
Professeur de virologie et de mécanismes moléculaires
de la pathogenèse virale à l’Université de Tulane, aux États-Unis

Il n’y a pas d’indications exactes quant au moment où a commencé la pandémie et le «patient zéro» n’a jamais été identifié. Pourquoi donc?

L’analyse phylogénétique, qui examine la variation d’un virus, révèle que l’ancêtre le plus commun du SRAS-CoV-2 a émergé à la fin de 2019. Ce sont des estimations qui sont probablement justes. Cela ne dit rien, cependant, sur le moment où émerge le progéniteur du SRAS-CoV-2, qui peut être assez étroitement lié au SRAS-CoV-2, mais à qui manque une ou plusieurs caractéristiques lui permettant de se propager facilement ou de provoquer une maladie. Un tel progéniteur a probablement circulé pendant des décennies chez les animaux ou même peut-être chez les humains.

Pourquoi est-ce important?
Il est important de connaître l’origine du virus car cela pourrait donner un aperçu de la façon de prévenir ou du moins de prédire l’émergence du prochain coronavirus capable de se propager à un niveau pandémique.

Que savons-nous de l’origine du COVID-19, jusqu’à présent?

L’explication de loin la plus probable est que le SRAS-CoV-2 est originaire de la nature. Il n’y a aucune preuve qu’il soit apparu à la suite d’une manipulation intentionnelle ou accidentelle dans un laboratoire.

Pourrait-on trouver le «patient zéro» dans un proche avenir?

Il est très peu probable que le premier cas humain soit trouvé. Cependant, il est très probable que des bétacoronavirus supplémentaires (l’un des quatre genres de coronavirus) soient trouvés chez les chauves-souris ou d’autres animaux plus étroitement liés au SRAS-CoV-2. L’analyse de ces virus est susceptible de mettre en évidence les mécanismes par lesquels le SRAS-CoV-2 est apparu et est entré dans la population humaine.

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