Pour un REER en forme
En matière de REER, on rappelle souvent la morale de la fable Le lièvre et la tortue : «Rien ne sert de courir; il faut partir à point.» À près d’une semaine de la date limite pour cotiser, le 1er mars, Métro donne quelques conseils de base.
Trois conseillers en placement proposent leur «programme d’entraînement» pour quiconque souhaite arriver à la retraite bien préparé.
35 ans : l’art de partir à point
Programme d’entraînement de Sylvain Lapointe, conseiller financier et fiscaliste. «Il faut être en forme pour courir le marathon, et non pas courir le marathon pour être en forme.» Sylvain Lapointe
- Privilégier ses contributions REER avant toute autre dépense.
- Adhérer à un plan d’épargne périodique, ce qui permet de lisser le coût d’achat de ses placements.
- Accroître sa capacité d’épargne en se limitant, par exemple, à une seule voiture, de préférence achetée d’occasion.
- Profiter des bas taux d’intérêt pour contracter un prêt REER d’au plus deux ans et maximiser ses contributions REER.
- Faire voyager ses épargnes en investissant une portion congrue – tout au plus 10 % – de son portefeuille dans les pays émergents.
- Privilégier les secteurs défensifs, comme les infrastructures, sans oublier les entreprises canadiennes de l’agriculture, de l’énergie et des ressources, portées par le dynamisme des pays émergents.
- Ramener à moins de trois ans les échéances de la partie revenu fixe de son portefeuille en prévision d’une hausse potentielle des taux d’intérêt.
- En raison de la fragilité de l’économie mondiale, limiter temporairement dans son portefeuille le pourcentage d’actions à 60 % plutôt qu’à 70 %.
50 ans : Le moment de vérité
Programme d’entraînement de Sylvain De Champlain, planificateur financier. «Il faut de la discipline et de la régularité. Peu importe que l’épargnant ou le coureur subisse un revers, le temps joue en sa faveur. L’un ou l’autre se refera une santé. » Sylvain De Champlain
- Revoir ses objectifs d’épargne-retraite en fonction de quatre critères : l’âge de la retraite, le train de vie à la retraite, le travail après 65 ans, le degré de risque de son portefeuille.
- S’asseoir avec son conseiller et faire le ménage de son portefeuille.
- Investir de 10 à 15 % de son portefeuille dans des placements alternatifs, comme des fonds de couverture peu corrélés avec les actions et les obligations.
- Privilégier l’épargne REER. Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) vient en deuxième place.
- Doubler sa cotisation REER annuelle au moyen d’un prêt REER équivalent à sa contribution de base. Le remboursement d’impôt permettra d’amortir presque tout le prêt.
- Le moment est venu de récupérer ses droits de contribution inutilisés, pendant que le taux marginal d’imposition est au sommet et que l’endettement du ménage (prêt hypothécaire) a baissé.
- Dernier appel pour contracter un prêt pour profiter des contributions REER inutilisées au moyen d’un prêt REER, d’un prêt personnel ou d’un refinancement hypothécaire.
- Épargner hors REER pour celui qui en a les moyens, notamment dans le CELI, qui procure de la flexibilité lors de décaissements pour des besoins ponctuels à la retraite.
60 ans : Je m’arrête ou je continue?
Programme d’entraînement de Léon Lemoine, planificateur financier. «Le marathonien qui peine à avancer ne peut pas se faire injecter des stéroïdes pendant la course. Il n’y a pas de miracles. Mais un planificateur financier est là pour donner l’heure juste à son client et pour trouver des solutions.» Léon Lemoine
- Bien cerner, avec l’aide d’un professionnel, les risques liés aux marchés, à l’inflation et à la longévité.
- Revoir ses objectifs de retraite : âge de la retraite et niveau de vie.
- Planifier le décaissement de son capital à la retraite, sinon l’impôt sera gourmand.
- Considérer les produits financiers qui peuvent compenser une perte de revenu ou de patrimoine, comme l’assurance invalidité et maladies graves, ou encore les fonds distincts avec revenu garanti.
- Si l’hypothèque est remboursée, contribuer le maximum au REER chaque année jusqu’à la retraite.
- Maximiser le remboursement d’impôt en privilégiant les fonds de travailleurs (Fonds de solidarité FTQ et Fondaction CSN). La contribution maximale est de 5 000 $ par an.
- Contribuer à son REER le plus longtemps possible, et à celui de son conjoint jusqu’à qu’il ait atteint 71 ans.
- Se donner de la flexibilité en versant jusqu’à 5 000 $ par an dans un CELI.