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14:22 31 mars 2021 | mise à jour le: 31 mars 2021 à 14:29 temps de lecture: 5 minutes

Les chiens sont les meilleurs amis de la femme, pas de l’homme

Les chiens sont les meilleurs amis de la femme, pas de l’homme
Photo: iStock

Métro étudie ce qui se cache derrière de récentes recherches sur notre relation avec le «meilleur ami de l’homme».

Une étude récente suggère que les femmes pourraient avoir été plus proches des chiens que les hommes. En se basant sur une analyse interculturelle, des scientifiques de l’Université d’État de Washington, aux États-Unis, ont découvert que plusieurs facteurs jouent un rôle dans l’établissement d’une relation mutuellement bénéfique entre deux espèces, incluant la température, la chasse et, de façon surprenante, le genre.

«On a trouvé que les relations entre les chiens et les femmes pourraient avoir eu un plus grand impact sur le lien chien-humain que les relations avec les hommes», explique l’étudiante au doctorat en anthropologie à l’Université d’État de Washington et auteure principale de l’étude, Jaime Chambers.

Mme Chambers ajoute que tôt dans la relation entre ces deux espèces, les humains étaient plus susceptibles de considérer les chiens comme étant des personnes, tandis que l’implication des femmes était en corrélation avec une augmentation de la «personnification» des animaux de compagnie, menant à des avantages pour les chiens tels le fait de se voir attribuer un prénom, de pouvoir dormir sur des meubles ou d’être pleuré cérémonieusement au moment de leur décès.

+35 000 – Nombre d’années passées depuis le début de la domestication des chiens.


Deux questions à…

Jaime Chambers, étudiante au doctorat en anthropologie à l’Université d’État de Washington et auteure principale de l’étude

Comment vous est venue l’idée d’enquêter sur la relation entre les femmes et les chiens ?

Les chiens ont une relation vraiment unique avec les humains – en tant qu’espèce sociale, ils nous ont suivi partout dans le monde depuis des milliers d’années, vivant à nos côtés plus longtemps qu’aucun autre animal domestiqué. Cela a donné de nombreuses occasions à la relation de prendre plusieurs formes différentes, et aussi aux deux espèces d’en tirer des bénéfices. Mais il existe une tonne de variations dans la façon dont les humains interagissent avec les chiens d’un point de vue interculturel. C’est ce que nous voulions explorer par-dessus tout. Le genre était seulement une des variables qu’on avait choisi d’explorer.

Dites m’en plus sur votre étude et ses conclusions.

Nous avons collecté et analysé des extraits de textes d’une vaste base de données interculturelle intitulée Human Relations Area Files (HRAF) pour en arriver à cette conclusion. Nous avons lu des milliers de textes dans lesquels des ethnographes décrivent les relations homme-chien dans le contexte de 144 cultures différentes à travers le monde. Nous avons étiqueté chaque texte en fonction de ce qu’il décrivait, puis avons utilisé des analyses statistiques pour comparer différents traits et comportements à travers les cultures. Un type de contenu que nous avons suivi était basé sur le genre – on a noté des cas où les ethnographes ont mentionné les interactions entre les chiens et les femmes, par rapport aux relations chiens-hommes.

Nous avons trouvé que les hommes et les femmes étaient importants pour les soins prodigués aux chiens et au statut de ces derniers dans toutes les sociétés – si les deux sexes interagissaient avec eux, les chiens en bénéficiaient et disposaient d’un statut plus élevé. Mais les femmes ont eu une plus forte influence sur cette tendance.

Par exemple, dans les sociétés où on a observé des interactions entre les hommes et les chiens, la probabilité que ces derniers reçoivent des soins ainsi que d’autres bénéfices des humains augmentait de 37% et la probabilité qu’ils soient traités comme des personnes augmentait de 63%. En revanche, dans les sociétés où on a observé que les chiens interagissaient avec les femmes, la probabilité qu’ils reçoivent des soins et d’autres bénéfices des humains augmentait de 127%, alors que la probabilité qu’ils soient traités comme des personnes grimpait de 220%. Il est important de noter que l’influence des hommes et celle des femmes s’additionnent alors dans des sociétés où les chiens interagissaient autant avec les hommes que les femmes, leurs bénéfices et leur statut augmentaient encore plus que dans les sociétés où les chiens avaient tendance à n’interagir seulement qu’avec les hommes ou seulement qu’avec les femmes.

Les chiens fournissent un niveau de sécurité et ils pouvaient permettre aux femmes de se déplacer plus librement. On voit cela dans certaines cultures où les femmes ramassent de la nourriture ou s’occupent des jardins avec des chiens à leurs côtés.

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