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L’utilisation d’irritants chimiques par le SPVM après les victoires du CH critiquée

Près de 2000 agents du SPVM étaient sur place pour le quatrième match de la finale de la Coupe Stanley. Photo: Josie Desmarais/Métro

Lors de victoires des Canadiens, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a fait usage d’irritants chimiques afin de contrôler les débordements au centre-ville. Certains partisans présents sur place pour célébrer en ont subi les répercussions sans avoir commis de gestes répréhensibles, plaident-ils.

C’est pour contrer les débordements que le SPVM fait l’usage d’irritants chimiques. Avec un fusil, ils expédient une large fumée qui se répand largement et rapidement. L’objectif, selon la police, est simple: disperser les groupuscules récalcitrants.

Lundi, par exemple, certains individus ont jeté des bouteilles vers les policiers, ou ont allumé des feux d’artifice.

Portée importante

Le problème, c’est que les salves de gaz causeraient des dommages collatéraux et des symptômes immédiats. Ce ne sont pas que les personnes fautives qui sont touchées, mais aussi les partisans qui souhaitent célébrer sans commettre de grabuge. C’est le cas de Danny, un montréalais qui s’est dirigé avec des amis près du Centre Bell après la victoire du Tricolore, le 24 juin dernier

«On voulait juste voir à quoi les célébrations ressemblaient, raconte-t-il. En descendant la rue Stanley, près de René-Lévesque, les policiers ont commencé à tirer à une centaine de mètres de nous. Une fumée épaisse nous a enveloppés.»

Les symptômes, dont la brûlure des yeux et de la gorge, sont immédiats. La fumée crée un effet de panique, poussant tous les participants à courir dans la même direction instantanément. «J’avais les yeux qui brûlaient, alors je courais sans regarder où j’allais, relate Danny. Ça rend la situation dangereuse.»

Selon les témoins sondés, les agents du SPVM n’émettent aucun avertissement avant d’expédier les irritants. Du moins, s’ils le font, il est impossible de les entendre en raison du bruit des célébrations, ou de la distance à laquelle ils se trouvent.

«Ça me semble un peu abusif comme méthode, parce qu’où j’étais, les gens étaient de bonne humeur, je ne voyais aucun incident criminel», souligne Danny.

Dans les circonstances, quitter le centre-ville devient aussi difficile, constate un autre partisan, Raphael.

«À un certain point, on était tannés, on voulait simplement rentrer chez nous, partage-t-il. Chaque fois que l’on tournait un coin de rue, on voyait un mur de police. On avait vraiment peur qu’ils nous tirent du gaz. Pourtant on voulait juste célébrer, sans faire de grabuge.»

Lundi, le SPVM a déployé 2000 agents sur le terrain, selon des données publiées par le Journal de Montréal. «Ça m’a épaté, parce qu’on croisait des dizaines d’agents par coin de rue, et aucun d’entre eux ne nous donnait d’indications, nous indiquait d’éviter certains coins de rue», indique Benoît. J’aurais aimé savoir si le flânage dans les rues était permis ou non, ce n’était pas clair.

Sur place, on pouvait retrouver quelques familles. Un représentant de Métro a d’ailleurs aperçu un père avec ses deux enfants, les yeux fermés en raison de l’irritation causée par les gaz.

Utilisation précise

Les irritants chimiques ne sont utilisés que par certains groupes d’intervention, explique le SPVM. Seuls les agents ayant reçu une formation adaptée peuvent les utiliser en fonction d’un code établi, le Modèle québécois d’intervention policière en maintien et rétablissement de l’ordre.

«La présence policière doit notamment permettre aux gens de festoyer, tout en évitant des débordements mettant en péril la sécurité publique», explique le SPVM.

«Dans cette optique, le SPVM recommande à la population de prendre le plus de distance possible s’il commence à y avoir du grabuge dans une foule. Les policiers peuvent ainsi se concentrer sur les éléments perturbateurs.»

Service des communications du SPVM

Les interventions se sont «en général très bien passées lors des célébrations d’hier», considère le SPVM. Quatre individus ont été arrêtés pour voies de fait et agression armée sur des policiers. Sinon, 36 constats d’infraction ont été donnés, dont 21 concernent des règlements municipaux et les 15 autres, le Code de la sécurité routière.

L’utilisation d’irritants chimiques cause une «sensation d’inconfort extrême sans toutefois entraîner une mortalité importante», peut-on lire dans le Bulletin d’information toxicologique de l’Institut national de santé publique (INSPQ).

Au Québec, ce sont principalement les gaz lacrymogènes qui sont utilisés pour disperser les foules. Ils peuvent être dispersés par des grenades, ou des fusils. Ses effets peuvent être ressentis pendant 15 à 30 minutes après l’exposition.

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