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Le PDG d’Air Canada s’excuse et s’engage à améliorer son français

Un avion d'Air Canada.
Un avion d'Air Canada. Photo: Éric Martel / Métro

Présenté dans la controverse, le nouveau président et chef de la direction d’Air Canada Michael Rousseau présente ses excuses «à ceux que [s]es propos ont offensés». Du même coup, il s’engage à améliorer son français.

«Le siège social de cette entreprise emblématique est situé à Montréal et c’est une source de fierté pour moi comme pour toute mon équipe de direction, commente le PDG, dans un communiqué expédié jeudi matin. Je réitère l’engagement d’Air Canada à faire preuve de respect à l’égard du français et, en tant que leader, je donnerai le ton.»

Mercredi, dans un échange corsé en mêlée de presse, M. Rousseau a demandé aux journalistes de lui poser des questions strictement en anglais, pour qu’il puisse bien les comprendre. Il venait pourtant de préciser, dans un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), qu’il comprenait la langue de Molière.

«J’ai pu vivre à Montréal sans parler français. Et je pense que c’est tout à l’honneur de cette ville», a déclaré le PDG d’Air Canada aux journalistes.

Démission réclamée

L’incapacité de M. Rousseau à s’exprimer en français a suscité l’ire à l’Assemblée nationale, où le Parti libéral du Canada (PLC) et Québec solidaire ont demandé sa démission immédiate. Selon le député libéral André Fortin, le dirigeant «s’est montré indigne de sa fonction».

«Il a démontré un mépris pour tous ceux au Québec qui prennent le temps d’apprendre le français à leur arrivée, qui prennent des cours de français aujourd’hui, qui s’investissent dans le Québec qu’ils habitent», déplore M. Fortin.

Pour la députée solidaire Ruba Ghazal, il y a quelque chose de «méprisable» dans les propos de M. Rousseau, qui a dit qu’il est «un homme d’affaires, qu’il est très occupé pour apprendre la langue française, alors qu’on passe notre temps à dire aux immigrants, aux gens qui viennent ici, pour travailler, pour vivre, qu’ils doivent apprendre le français».

Air Canada est un cas flagrant qui symbolise une situation et un problème qui est là de partout et depuis très, très longtemps.

Ruba Ghazal, députée de Mercier

Québec solidaire proposera une motion jeudi pour «réaffirmer l’importance de défendre la langue française au travail afin d’assurer sa pérennité».

Légiférer rapidement

Les trois partis d’oppositions sont unanimes: la Charte de la langue française devrait s’appliquer aux entreprises sous juridiction fédérale, et ce, «plus tôt que la prochaine campagne fédérale», selon les libéraux.

La charte devrait aussi s’appliquer aux entreprises comptant 10 employés et plus, estime Québec solidaire. Des formations sur le français devraient être données à l’intérieur des organisations, propose-t-on.

«Si, par exemple, on embauche des employés qui sont unilingues anglophones, on donne des formations sur toutes sortes de choses, suggère Mme Ghazal. Il est possible que les entreprises investissent. Et c’est ce qu’on demande, une bonification de la loi de la formation de la main-d’œuvre, pour que ça se fasse.»

De son côté, le Parti québécois juge que la subvention de six milliards de dollars accordée par le gouvernement fédéral à Air Canada en avril, surtout sous forme de prêts, doit lui être retirée. Les libéraux abondent dans le même sens, et ce, «jusqu’à ce qu’Air Canada envoie un signal très clair aux Québécois par la présence d’un PDG qui parle français et par une amélioration des services auprès de la population francophone».

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