Les uns respirent, les autres ont la face longue
Les emprunteurs peuvent encore souffler. Les épargnants vont encore souffrir. C’est ainsi qu’on peut résumer la récente décision de la Banque du Canada de garder au plancher, comme prévu, son taux directeur.
En fait, personne n’a été surpris de l’annonce de mardi, car la Banque a annoncé ses couleurs l’automne dernier. Étant donné la précarité de l’économie mondiale, elle a indiqué que ce taux ne monterait pas avant la fin de 2012… et peut-être plus tard. Ce n’est pas le moment de rendre le crédit plus coûteux, alors que les gens sont surendettés et qu’on souhaite voir les entreprises réinvestir, quitte à emprunter pour trouver les fonds nécessaires.
Le taux directeur est un indicateur intéressant puisque c’est, entre autres, celui que paie les banques conventionnelles qui veulent elles-mêmes obtenir des fonds de la banque centrale, en l’occurrence ici de la Banque du Canada. Comme elles peuvent en obtenir à faible coût, on s’attend en retour à ce qu’elles partagent cette aubaine avec leurs clients.
Dans ce cas-ci, on peut donc penser que les taux applicables aux prêts hypothécaires variables, de même qu’aux marges de crédit, ne bougeront pas. Un mouvement à la hausse ou à la baisse du taux directeur les frappe directement. Par contre, l’impact est moins net, par exemple, sur les prêts personnels ou les prêts hypothécaires fermés. Mais la tendance demeure : les emprunts ont rarement été si peu coûteux. Encore faut-il espérer que les consommateurs en profitent pour nettoyer leur bilan sans ajouter à leur endettement, qui risque de devenir suicidaire le jour où le mouvement va repartir à la hausse.
Mais pour les épargnants, c’est le signe que la sécheresse va se prolonger. Depuis plusieurs mois, on ne nous consent, par exemple, que des miettes pour des dépôts à terme : et c’est à peine si, cette année, les obligations d’épargne du Canada offraient plus que 0 % d’intérêt…
C’est embêtant pour les gens qui veulent mettre de l’argent de côté et qui préfèrent se sentir en sécurité. Reste des placements comme les fonds de commun ou les actions, qui peuvent rapporter davantage ou bien glisser, comme on le voit épisodiquement. La vieille loi du rendement en fonction du risque est incontournable.
Il existe toutes sortes de produits hybrides, qui disent combiner les uns avec les autres, mais ne vous faites pas d’illusions : il n’existe pas de produit miracle en matière de placement.
J’y reviendrai plus en détail prochainement, mais ces contraintes ne doivent surtout pas vous décourager de cotiser à votre REER… si vous en aviez l’intention. Il suffit de trouver la méthode qui vous convient.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.