Gérer ses finances, oui, mais à quel prix?
Depuis au moins cinq ans, les investisseurs se tournent de plus en plus vers l’autogestion de leurs finances personnelles. «Les investisseurs étant plus informés qu’avant, on observe cette tendance dans le marché», confirme Jean-Philippe Tarte, chargé de formation et responsable de la spécialisation Finance à HEC Montréal.
Zoom sur les avantages et les inconvénients d’une pratique répandue, surtout chez les utilisateurs de l’internet.
Avantages
- Coûts de gestion plus bas
«Le principal avantage est manifeste, commence M. Tarte. L’investisseur qui fait lui même sa propre gestion paie moins de frais en tous genres. Même les courtiers à escompte, qui offrent divers types de produits depuis plusieurs années, ont des frais relativement modiques.»
- Gestion intégrée des avoirs
«Quand on gère soi-même ses finances, on a une vision d’ensemble de ce qu’on possède : immobilier, dettes, voitures, comptes bancaires, placements REER et autres, etc.» À l’inverse, le conseiller financier, lui, n’a en général accès qu’aux comptes dont il s’occupe sans pouvoir voir l’ensemble des avoirs.
- Loin des scandales
Vincent Lacroix, Earl Jones… Ça vous dit quelque chose? Évidemment, si on s’occupe soi-même de ses finances, on ne se retrouve pas en contact avec des
personnes ayant des pratiques frauduleuses, affirme M. Tarte.
Inconvénients
- Manque d’expertise
«Une petite étude de Protégez-vous montre que seulement 50 % des professionnels de la finance atteignent un niveau de compétences adéquat, rappelle Jean-Philippe Tarte. Donc, même si M. ou Mme Tout-le-Monde s’informe, ça peut prendre du temps avant d’être capable d’équilibrer son portefeuille et de gérer le risque.»
- Manque d’expérience
On peut avoir de bonnes connaissances, mais il faut aussi avoir l’expérience pour investir ses avoirs convenablement, juge M. Tarte. «Par exemple, dans les années 1990, de nombreux baby-boomers qui avaient eu recours aux services d’un conseiller toute leur vie ont cru pouvoir voler de leurs propres ailes… Sauf qu’ils ont été nombreux à se faire emporter par la bulle spéculative dans les technos et ont perdu beaucoup d’argent.»
À retenir…
Ceux qui veulent investir sans aide doivent :
- connaître leur horizon temporel (dans combien de temps aurai-je besoin de mon argent?), puisque le niveau de risque est directement proportionnel au nombre d’années;
- connaître leurs contraintes de liquidités (de combien ai-je besoin dans un fonds d’urgence accessible en tout temps?);
- connaître leur tolérance au risque (les produits offerts vont des actions – les plus risqués – aux obligations – risque intermédiaire – en passant par les marchés monétaires – les moins risqués);
- savoir diversifier leurs avoirs (par exemple, des fonds négociés en Bourse offrent un niveau de diversification élevé).