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14:35 2 mars 2015

Entente financière en suspend: des organismes doivent fouiller dans leurs poches

Entente financière en suspend: des organismes doivent fouiller dans leurs poches
Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Les discussions entre le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) et la Ville-centre n’aboutissant toujours pas depuis des mois au sujet de l’entente Alliances pour la solidarité, plusieurs organismes sont forcés de piger dans leur réserve et même dans les poches de leurs employés afin de maintenir leurs services.

Du côté de Villeray dans l’Est, les bénévoles paient eux-mêmes les collations pour les enfants inscrits à l’aide aux devoirs.

«Nous travaillons dans le vide. Nous déboursons nous-mêmes l’argent pour nos activités et nous avons dû en interrompre d’autres, comme la clinique d’impôt, car nous n’avions pas d’argent», indique Ramon Ponce, coordonnateur à Villeray dans l’Est.

«Notre survie dépend de cette entente. Sans ce financement, c’est la fin pour nous», ajoute Monique Léger, directrice de Ressource Action-Alimentation de Parc-Extension, qui fonctionne grâce à de l’argent économisé dans un fond d’urgence.

À la Maison de quartier Villeray, on a déjà diminué l’offre de services. «Tous les programmes sont affectés. Dans notre dépannage alimentaire, nous offrons moins de paniers. L’effectif n’est pas encore touché, mais ce n’est qu’une question de temps», avance Ouardia Bouderka, animatrice à la cuisine collective de la Maison de quartier.

Parc-Extension
Pour Parc-Extension, 12 projets sont compromis par l’absence de financement de l’ordre de 271 000$ et près de 13 emplois sont sur la sellette.

«Nous aidons 5000 personnes par année et faisons du soutien alimentaire. C’est nous qui coordonnons le Magasin-Partage. Si nous fermons, ce serait une grosse perte pour le quartier», dénonce Mme Léger, qui est l’une des personnes qui pourrait perdre son emploi, si l’entente n’est pas reconduite.

Compressions budgétaires
Si l’entente est signée, rien n’assure que les organismes recevront de l’argent. Des rumeurs circulent actuellement sur une possible diminution de l’enveloppe budgétaire pour Montréal.

«Nous souhaitons poursuivre notre collaboration avec la Ville de Montréal pour lutter contre la pauvreté. Toutefois, nous ne devons pas oublier la réalité budgétaire dans laquelle nous vivons actuellement», laisse entendre David Mckeown, porte-parole au MESS.

Les rumeurs laissent présager des coupes de l’ordre de 50%. «Nous ignorons toujours si nous recevrons la somme demandée ou seulement une partie du financement. Ça pourrait mettre des projets en péril», déplore Carole Mayer, de la Corporation de développement communautaire Solidarités Villeray.

En attendant, rien ne suggère que l’entente sera signée bientôt, notamment avec le remaniement ministériel au gouvernement provincial. En effet, François Blais, ministre de l’Emploi et Solidarité sociale a été transféré au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Son collègue Sam Hamad reprend les rênes du MESS tout en gardant ses fonctions au ministère du Travail.

«Il m’est impossible de dire dans combien de temps l’entente sera signée, mais les discussions se poursuivent activement», dit M. Mckeown.

«Les discussions sont en cours. Nous ferons une annonce quand l’entente sera entérinée, mais j’ignore quand», mentionne Philippe Rousseau, relationniste aux Affaires publiques de la Ville.