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«Non merci, M. Ferrandez»: la pétition contre les vignettes

«Non merci, M. Ferrandez»: la pétition contre les vignettes
Photo: Mélanie Pinto / TC Media

Les nouvelles zones de stationnement réservé aux résidents, au début du mois d’août, sur le Plateau, suscitent bien des frictions. Une pétition a été distribuée chez tous les commerçants de l’avenue Mont-Royal pour demander au maire, Luc Ferrandez, de faire marche arrière. Mais les élus de Projet Montréal ne comptent pas céder à la pression.

Jean-Pierre Szaraz, commerçant du magasin Farfelu, sur l’avenue du Mont-Royal, est à la tête de cette pétition. «On n’en peut plus de ces vignettes de stationnements. Ça tue nos commerces. Les clients, les employés et même les résidents ont de plus en plus de mal à se garer. Il faut que cela cesse», maintient M. Szaraz.

Depuis le 7 août, 397 nouvelles places de stationnement réservé aux résidents (SRRR) ont été ajoutées. Pour les commerçants ou les employés qui ne résident pas sur le Plateau, ils peuvent se procurer des vignettes pour visiteurs: soit la mensuelle, à hauteur de 100$, mise en vigueur depuis le mois de juin, soit la vignette journalière à 6$, qui sera proposée début septembre.

«Mais c’est extrêmement cher. Je suis au salaire minimum, je ne peux pas me permettre de l’acheter. La mairie n’a qu’à nous l’offrir», suggère Mélanie, employée du restaurant La Belle province.

La pétition comptabilise déjà 940 signataires. Elle exige l’annulation des récents changements de direction des rues Fabre et Marquette, la réouverture des rues bloquées du boulevard Saint-Joseph, le retrait des 500 vignettes additionnelles des secteurs 31-43-55-57-75 et 151. Les commerçants demandent également la révision de la tarification des vignettes aux travailleurs ainsi que la refonte complète du projet de vignettes aux visiteurs.

Quelques jours après la distribution de la pétition, l’une d’elles a été gribouillée, alors M. Szaraz a décidé de créer une pétition en ligne. «Ça ne m’étonne pas, en 2011, lorsqu’on en avait fait une contre les premières vignettes, plusieurs d’entre elles avaient été vandalisées. C’est monnaie courante. Au moins, en ligne, ils ne peuvent rien faire», explique le commerçant.

Tous ne sont pas d’accord avec la pétition
Chez les commerçants et résidents, la réaction est mitigée.

«Une cliente régulière est venue ce matin faire ses courses et a eu de la misère à trouver un stationnement. Elle m’a dit qu’elle ne reviendrait plus, annonce Serge Nadon, propriétaire du supermarché Fruits du jour, situé au coin de l’avenue Mont-Royal et de la rue Marquette. Par exemple, à cause de ça, j’ai dû arrêter le service de livraison que j’offrais aux résidents du Plateau.»

Même son de cloche pour Yannick Frabegue, employé depuis 15 ans au salon de coiffure Odysée. «J’ai tourné pendant une heure avec ma voiture avant de trouver une place. Je ne pense pas rester travailler ici si les choses deviennent de plus en plus compliquées. Avec leurs vignettes, ils ont bloqué la rue, il y a de plus en plus de locaux vacants. Si les résidents veulent un quartier sans vie, c’est ce qui va se passer. Car la vitalité du quartier, c’est le commerce de proximité.»

Du côté de l’arrondissement, les élus sont las de répéter la même chose. «On ne veut plus communiquer sur le sujet, les vignettes faisaient partie du programme électoral de M. Ferrandez, élu à la majorité en 2013», souligne Marie-Ève Gagnon, attachée de communication.

«Oui, mais le problème c’est que les commerçants ne vivent pas sur le Plateau et donc, n’ont pas pu voter»,  répond le coiffeur.

Mais Marie-Hélène Morin, directrice générale de la lunetterie Farhat, ne voit pas le système de SRRR comme un frein à sa clientèle. «Je trouve ça plutôt bien pour les résidents. Moi et mes employés on arrive toujours à se garer pour venir travailler.»

Les clients de la boutique tiennent le même discours.

Nicolas Rompré est venu ce matin au magasin récupérer ses lunettes de soleil. Lui non plus n’a jamais de problème pour se garer. «Depuis cinq ans, je viens une fois par mois sur le Plateau pour faire mes courses. Je me gare sur l’avenue où il y a des parcomètres. Grâce à l’application smartphone, je gère mon stationnement à distance et ça se passe bien», explique le résident de Saint-Jérôme.

Les avis sont mitigés. Mais pour M. Szaras, la politique de M. Ferrandez pousse les commerçants à mettre la clé sous la porte. Il promet d’ailleurs d’être présent au futur conseil d’arrondissement qui se tiendra le 8 septembre pour remettre en mains propres la pétition à M. Ferrandez, «en espérant que les élus entendent nos voix», conclut-il.