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Le syndicat croit que Rio Tinto Alcan embauche des briseurs de grève

Après deux jours de lock-out, le syndicat des Métallos d’Alma affirme que Rio Tinto Alcan a recours à des briseurs de grève. Ils étudient d’ailleurs la possibilité de demander à la ministre du Travail, Lise Thériault, d’envoyer des enquêteurs afin de faire respecter la loi.

Le 1er janvier, le géant de l’aluminium a affirmé qu’il comptait opérer l’usine avec l’aide de 200 cadres alors qu’en temps normal elle fonctionne avec 780 employés. La production de son usine d’électrolyse a toutefois été réduite du tiers.

«On a de la misère à la faire rouler à 780 personnes, on se demande comment 200 personnes peuvent y arriver, explique le représentant syndical responsable de la négociation avec RTA-Alma, Dominic Lemieux. Disons que c’est très douteux.»

Ce dernier affirme également que des personnes de ligne de piquetage ont intercepté 8 personnes disant être des agents de sécurité, sans toutefois pouvoir fournir un permis.

«Il y a aussi du va-et-vient la nuit en taxi et en motoneige qui amène des gens à l’intérieur de l’usine», souligne-t-il. Toujours selon ce dernier, une dizaine d’hélicoptères par jour survolent l’usine pour y acheminer les cadres de l’entreprise.

Rio Tinto Alcan a décrété un lock-out le 1er janvier après que le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma ait rejeté les dernières offres patronales. Les deux partis étaient en négociations depuis le 4 octobre pour le renouvellement de la convention collective arrivée à échéance le 31 décembre.

Selon M. Lemieux, le syndicat est en mesure de faire face à de nombreux mois en lock-out. «On tiendra aussi longtemps que la compagnie va s’entêter à ne pas répartir la richesse que leur procurent nos richesses naturelles», dit M. Lemieux, ajoutant que l’ambiance sur la ligne de piquetage est festive.

M. Lemieux a toutefois précisé que les travailleurs étaient prêts à retourner à la table des négociations, à condition que la direction cesse de camper sur ses positions.

Les salaires ne sont pas en cause
Sur la page Facebook de Rio Tinto Alcan, plusieurs personnes ont exprimé leur incompréhension quant aux insatisfactions des travailleurs. Le syndicat se dit conscient d’avoir de bonnes conditions de travail citant en exemple le salaire horaire de 37$ de base l’heure, soit plus de 75 000$ annuellement.

«On ne demande pas d’augmentation des salaires, du fonds de pension ou des vacances ou des assurances collectives», insiste Dominic Lemieux.

La sous-traitance est au cœur des négociations. «Depuis quelques années, de plus en plus de travailleurs sont engagés en sous-traitance pour des conditions de travail moindre. On parle d’un salaire de 18$ de l’heure, sans fonds de pension, précise M. Lemieux. On veut s’assurer que ceux qui partent en retraite soient remplacés par des travailleurs par des travailleurs syndiqués.»

Le syndicat souhaite donc la création d’un «plancher d’emplois», c’est-à-dire un seuil au-delà duquel l’entreprise ne pourrait recourir à la sous-traitance.

Métro attend toujours le retour d’appel de Rio Tinto Alcan.

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