Rio Tinto Alcan ferme le tiers de ses cuves à l'aluminerie d'Alma
ALMA – Rio Tinto Alcan continuera de faire fonctionner son aluminerie
d’Alma malgré le lock-out imposé à l’ensemble de ses syndiqués.
L’entreprise minière a toutefois décidé dimanche de procéder à la
fermeture du tiers des cuves de production d’aluminium, entraînant une
baisse équivalente de la production.
La porte-parole de la direction, Claudine Gagnon, affirme que les
quelque 200 cadres pourront opérer l’usine sans danger, et a nié faire
appel à des briseurs de grève. L’entreprise compte en temps normal sur
le travail de quelque 780 employés.
Par ailleurs, le conflit ne semble pas promis à un règlement rapide, puisque les deux parties ne sont plus en négociations.
Selon le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, les employés
de l’usine n’ont pas été étonnés outre mesure par la décision de leur
employeur de les placer en lock-out.
Dans la nuit de vendredi à samedi, Rio Tinto Alcan avait expulsé tous
les syndiqués de son aluminerie, disant craindre pour la sécurité des
installations. Le syndicat avait accusé la compagnie d’avoir décrété un
lock-out déguisé.
« On n’était pas réellement surpris, parce que l’employeur avait sorti
nos travailleurs des installations dans la nuit du 30 au 31 », a expliqué
Dominic Lemieux, porte-parole syndical.
« On était en lock-out déguisé depuis. »
Les syndiqués ont alors érigé une ligne de piquetage, qu’ils maintenaient toujours dimanche après-midi.
Incapable de s’entendre avec le syndicat, l’entreprise a annoncé dans la
nuit de samedi à dimanche que les cadres assureront l’exploitation de
l’usine jusqu’à nouvel ordre.
La direction de Rio Tinto Alcan fait valoir que tous les efforts
« possibles » avaient été déployés pour en arriver à un règlement dans le
meilleur intérêt des employés, des clients et de l’entreprise. Elle a
aussi déploré le rejet des dernières offres patronales par les
syndiqués.
Dominic Lemieux affirme que ses membres sont prêts à affronter un long
conflit de travail si nécessaire. Les fonds ne manquent pas et le moral
est bon, selon lui.
« Les enfants, les conjointes, les gens de la région viennent nous
supporter. C’est vraiment festif, je vous dirais, notre ligne de
piquetage », a-t-il expliqué.
Pourtant, juste avant le déclenchement officiel du lock-out, des
ouvriers ont tenté de pénétrer dans l’usine. Ils ont secoué des clôtures
et lancé des projectiles contre les agents de sécurité embauchés par
Rio Tinto Alcan.
« Le Code du travail est clair, la convention collective reste en vigueur
tant et aussi longtemps qu’il n’y pas de conflit », a avancé M. Lemieux,
qui explique que les ouvriers tentaient simplement de se rendre au
travail.
Selon lui, les cadres de l’entreprise survolent la ligne de piquetage en
hélicoptère pour se rendre jusque dans l’usine. Le porte-parole a aussi
rapporté qu’une diminution de production avait eu lieu.
« On a environ 780 employés qui font rouler cette usine-là. Je vous
dirais qu’on évalue à 200 cadres qui essaient de faire rouler l’usine »,
a-t-il affirmé, en ajoutant que des briseurs de grève pourraient se
trouver dans l’usine avec les cadres.
La convention collective est arrivée à échéance à minuit, samedi soir.
Les négociations, qui ont débuté le 4 octobre dernier, achoppent
principalement sur les questions de la sous-traitance et du plancher
d’emploi.
En présence d’un médiateur, les pourparlers entre les parties patronale
et syndicale ont été interrompus samedi matin, et aucune autre rencontre
n’a eu lieu depuis. Le syndicat a quitté la table des négociations, en
déplorant l’absence d’ouverture de la direction.
Mme Gagnon a expliqué à La Presse Canadienne que Rio Tinto avait réussi,
au cours des 15 dernières années, à négocier des dizaines de contrats
de travail partout dans le monde sans qu’il y ait conflit.
Rio Tinto a mis en place des plans pour s’assurer que les établissements
de production d’aluminium de la région poursuivent leurs activités de
manière « sûre et efficace ».