La solution passe par l'exode des cerveaux
Aux grands maux les grands remèdes. Le modèle québécois est devenu viscéralement intenable et la province est à feu et à sang, a déjà dit le lucide économiste Pierre Fortin, élu récemment Grand Montréalais par la Chambre de commerce. On est jaloux. On n’a plus les moyens de maintenir les «mammouthiennes» vaches sacrées consenties à nos pharaons dorés. Imaginez, le Québec, en incluant les bas tarifs d’électricité aux alumineries, verse annuellement environ 9 G$ en subventions aux compagnies (contre 3 G$ en Ontario) et paie 1 G$ de plus ses médicaments qu’elle. Allô modèle québécois! La moitié des 300 000 entreprises du Québec ne paie aucun impôt sur le revenu sur des profits de plusieurs milliards. Incroyable, mais vrai, Hydro-Québec rapporte plus à lui seul aux revenus de l’État que les 300 000 compagnies du Québec paient chaque année en impôts sur le revenu. Cherchez l’erreur! De plus, Québec saupoudre les écoles privées d’au moins 400 M$ l’an en subventions contre zéro pour la province voisine. Idem pour la couteuse santé privée, dont le Québec est le champion mais qui dépense le moins au pays par habitant pour la santé publique du monde ordinaire.
Fini les folies. Faut freiner drette-là l’hémorragie sinon on coule à pic. Le Québec Inc. et ses cerveaux tonitruants nous coûtent beaucoup trop chers pour si peu de résultats et ça fait des années que ça dure. N’ayons pas peur de voir la réalité en face : nos cerveaux et nos lucides autoproclamés sont un frein à la création de la richesse au Québec. Pour préserver ce qui nous reste de bien commun, il faut gentiment les exporter.
Il leur faudra audace, honnêteté et courage pour admettre qu’ils font partie du problème et non de la solution. Comme il sera difficile de les «shipper» ailleurs sans d’énormes compensations, j’ai pensé créer des instruments financiers à valeur humaine que je vais enrober de toutes sortes de gadgets afin de leurrer les pays étrangers pour qu’ils en achètent.
Les papiers commerciaux pourris englobent des créances douteuses sur des cartes de crédit, des hypothèques, des comptes clients, etc. Moi, j’ai imaginé réunir dans un même papier commercial, le PDG de la Banque nationale, Louis Vachon, qui embauche des dirigeants unilingues anglophones à Montréal, l’ex-président de la Caisse de dépôt Henri-Paul Rousseau qui nous a fait perdre 40 G$ en fonds publics et a été engagé par Power Corp. Et, enfin, le très suave Jacques Ménard de la Banque de Montréal qui n’a rien contre les syndicats mais qui n’en veut toutefois pas dans sa banque.
Si ce ballon d’essai fonctionne, je vais structurer d’autres papiers commerciaux. Comme un produit dérivé, incluant des péquistes et bloquistes devenus lobbyistes pour les gazières et les minières : Lucien Bouchard, André Boisclair et Yvan Loubier. Adios, ils sont partis! Voilà la seule façon de contrer l’immobilisme au Québec. Disons le franchement, ces cerveaux bloquent obstinément tout changement constructif au Québec. Leur cassette de remèdes primaires est nettement passée due. S’ils font preuve d’un minimum de solidarité, ils vont comprendre qu’il est temps de partir en toute dignité.