Un référendum avec un Parti québécois minoritaire?
Le Parti québécois (PQ) pourrait-il mener une campagne pour l’indépendance du Québec s’il dirige un gouvernement minoritaire après les élections du 5 octobre? Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, estime que oui, avec l’appui de Québec solidaire et des nationalistes de la Coalition Avenir Québec. Il demande aux électeurs qui veulent éviter un référendum de voter pour le PLQ.
Le PQ est premier dans les sondages, mais les intentions de vote semblent se cristalliser autour de 30%, trop peu pour former un gouvernement majoritaire. Mercredi, le chef Paul St-Pierre Plamondon a affirmé qu’il compte maintenir sa promesse de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec après le départ de Donald Trump à la Maison blanche, même si le Parti québécois forme un gouvernement minoritaire.
Charles Milliard estime que c’est un scénario «honnête» et surtout plausible. Il estime que sa formation politique est la seule à pouvoir bloquer la tenue d’un référendum.
«Le PQ pourrait faire un référendum sur l’indépendance du Québec parce qu’il y a plein de souverainistes à la CAQ, y compris Christine Fréchette. Donc il y a un seul véhicule pour éviter un référendum, et c’est le PLQ.»
M. St-Pierre Plamondon n’a pas souhaité commenter cette affirmation. Mme Fréchette, qui a voté «Oui» en 1995, a fréquemment répété son opposition à la tenue d’un référendum depuis son accession à la chefferie de la CAQ.
Les mêmes sondages qui placent le Parti québécois en bonne posture pour former un gouvernement minoritaire évaluent évaluent aussi que l’idée d’un référendum est plutôt bas dans la liste de priorités de la majorité des électeurs.
Tarifs: un problème de «leadership»
Jeudi, le chef du Parti québécois a accusé la première ministre Christine Fréchette de manquer de leadership dans la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis. Il demande qu’elle condamne plus fermement l’approche de ripostes «dollar pour dollar» adoptée par le gouvernement fédéral.
«Ce n’est pas normal que le monde des affaires du Québec s’oppose à l’unanimité à l’approche « dollar pour dollar » et qu’on ne soit pas écoutés. […] Sous Christine Fréchette, la notion de leadership c’est d’exiger qu’on n’adopte pas cette approche et ensuite, qu’on n’a pas ce qu’on souhaite, de faire semblent que le fédéral nous a entendus.»
Il affirme qu’un gouvernement du PQ serait plus constant et fiable dans ses demandes au gouvernement fédéral.
Quant à la première ministre sortante, elle n’envisage pas de mesures supplémentaires à la suite de l’annonce, mercredi, de nouvelles mesures tarifaires de la part des États-Unis.
Elle n’exclut toutefois pas le recours à l’énergie comme moyen de pression contre les États-Unis. Hydro-Québec détient de gros contrats pour exporter presque 20 térawattheures d’électricité par année à New York et au Massachussetts. Mme Fréchette souligne toutefois que l’idée de retenir ces exportations n’est pas la première option envisagée.