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Du miel au goût d’espoir

Du miel au goût d’espoir
Photo by: TC Media - Josie Desmarais

Sortir de l’exclusion sociale grâce au miel, c’est ce que l’Accueil Bonneau permet à une quinzaine de personnes dans le besoin. En échange d’un petit salaire et d’un repas, des usagers de l’organisme prennent soin des abeilles des 64 ruches réparties dans le grand Montréal, dont à L’Île-des-Sœurs.

Dans une chaleur presque suffocante, à la mi-août, sur le toit du concessionnaire automobile Gravel Cadillac de L’Île-des-Sœurs, à peine à quelques mètres de l’estacade du pont Champlain, John et Roger, encadrés d’un intervenant et d’un apiculteur de l’entreprise Alvéole, s’affairent tranquillement.

Ils ouvrent les ruches, puis trouvent la reine afin de s’assurer que la colonie se porte bien. Ils font également de l’espace et des réaménagements dans les ruches au besoin.

«On cultive un miel plus fin que celui vendu en épicerie normalement. Le nôtre est non pasteurisé. Il a plein de vertus; la gelée peut aider contre l’arthrite, par exemple», explique John Levasseur, qui participe cet été pour la première fois au projet.

En l’écoutant parler, on a l’impression qu’il pourrait être un expert des petits insectes. Pourtant, il revient de loin.

Dans une autre vie, John a été DJ, préposé aux bénéficiaires et toxicomane. Aujourd’hui, il travaille chaque semaine au bien-être des ruches. Il pense même suivre des cours pour officiellement devenir apiculteur dans l’avenir.

«À un moment donné, il faut que tu sortes de ton environnement toxique. Les abeilles, elles sont relaxes; j’aime bien ça», indique celui qui a dû fréquenter à plusieurs reprises l’Accueil Bonneau, un refuge pour les itinérants et ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

La fierté comme motivation
Roger Décarie lui, était peintre en bâtiment. À la suite d’un divorce, il plonge tête première dans le jeu, mais sans jamais quêter ou emprunter, pour finalement faire faillite. Il loge depuis cinq ans à l’Accueil Bonneau. Pour lui, s’occuper des abeilles est une fierté, voire une motivation quotidienne.

«La première journée que j’ai essayé, j’ai trouvé trois reines sur quatre ruches. J’ai su que j’avais un instinct pour ça!», raconte l’homme de 58 ans, qui rédige présentement un livre pour enfants sur les abeilles.

D’après lui, ce genre de projet est structurant dans un milieu fréquenté par des hommes qui ont essuyé des épreuves qui les ont menés à la rue.  Selon lui,  «il y a beaucoup de talents» chez les sans domicile fixe.

Production
La production de miel est impressionnante. Seulement pour le site d’apiculture de L’Île-des-Sœurs, 60 kilos ont été produits l’an dernier grâce à environ 200 000 abeilles à l’île des apprentis apiculteurs.

«C’est sûr que ça fait une différence. Il y a des gens qui sortent de leur chambre grâce à ça; c’est un encouragement pour eux», souligne l’intervenant de l’Accueil Bonneau, Frédéric Morin.

Les pots de miel sont vendus un peu partout à Montréal, dont le palais de justice de Montréal, notamment par l’instigateur du projet il y a trois ans, le criminaliste Yves Ménard.

Le miel Bonneau est en vente dans plusieurs épiceries de la chaîne Métro.

Visitez le accueilbonneau.com/mieldebonneau/ pour plus d’informations.

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