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La criminalité a chuté de 9,5% en 2016 à Longueuil

Photo: Archives TC Media
Philippe Lanoix-Meunier - TC Media

Le nombre de crimes a considérablement diminué sur le territoire de l’agglomération de Longueuil l’an dernier. Une situation qui a de quoi satisfaire le nouveau directeur du Service de police, Fady Dagher, qui a accordé une entrevue exclusive au Courrier du Sud.

Selon le bilan 2016 du Service de police de l’Agglomération de Longueuil (SPAL), la criminalité a diminué de 9,5% sur le territoire l’an dernier, le nombre de crimes passant de 17 063 en 2015 à 15 441 en 2016, soit une baisse de 1622 délits.

«Nous avons été très proactifs l’an dernier en procédant à plusieurs opérations, autant préventives que répressives, ce qui nous a permis d’éviter des évènements, de passer des messages et d’éduquer la population.» – Fady Dagher, directeur du Service de police de l’Agglomération de Longueuil (SPAL).

Le nombre total de crimes commis en 2016 est par ailleurs demeuré inférieur à la moyenne des cinq dernières années.

En fait, de 2011 à 2016, une baisse de 27,8% de la criminalité a été enregistrée dans l’agglomération, alors que la population y a crû de 4,2%. Cela représente 5950 crimes de moins en 2016 que cinq ans plus tôt.

Toutes les catégories de délits ont connu des baisses en 2016, sauf les crimes contre la personne, qui sont passés de 3495 crimes en 2015 à 3668 en 2016, soit une hausse de 4,9%.

Des opérations efficaces, souligne le directeur
«C’est une année record, affirme d’emblée Fady Dagher. Une si forte baisse, c’est vraiment une première», se réjouit-il.

Le directeur du SPAL, qui occupe ce poste depuis quelques mois seulement, explique que cette baisse de la criminalité est attribuable à un ensemble de facteurs, mais que les opérations effectuées au cours de l’année ont certainement joué un rôle majeur.

«Un autre aspect qui a fait une différence est le plan de visibilité mis sur pied en 2016, notamment avec une visibilité accrue des agents en vélo et une série d’opérations particulières en sécurité publique», ajoute le directeur.

Six tentatives de meurtre et trois homicides
Trois meurtres ont été commis sur le territoire du SPAL en 2016, soit le même nombre qu’en 2015. Un chiffre qui se situe dans la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, six tentatives de meurtre ont été rapportées l’an dernier, alors que seulement deux avaient été recensées en 2015.Fady Dagher s’est dit particulièrement soulagé qu’aucun des meurtres commis l’an dernier ne soit relié au crime organisé.

«Avec les motards criminalisés qui tentent de reprendre du territoire, ces chiffres sont très satisfaisants, affirme-t-il. Malheureusement, les trois meurtres qui ont eu lieu sont des crimes qui auraient pu arriver n’importe quand et à n’importe quel endroit. Ce sont des cas circonstanciels et ponctuels que peut difficilement prévenir notre service. Sur le plan du taux de résolution des crimes graves, là aussi, il est excellent si l’on se compare aux autres municipalités.»

Selon le rapport du SPAL, le taux de résolution des crimes contre la personne était de 71,5% l’an dernier.

Rester vigilant
Les agressions sexuelles et les vols qualifiés sont également en baisse, mais certains éléments de données inquiètent cependant le directeur du SPAL.

«Nous avons remarqué que partout au Québec, environ 45% des victimes de violence conjugale et d’agression sexuelle ont entre 17 et 29 ans, explique Fady Dagher. Les gens rapportent davantage ce type d’agression qu’avant, ce qui est positif, mais le jeune âge des victimes est préoccupant, ce qui laisse à penser qu’il reste beaucoup d’éducation à faire dans les écoles secondaires et dans les cégeps.»

«Même si la criminalité est en baisse, ajoute le directeur, nous devrons garder un regard vigilant au cours des prochaines années, notamment avec les crimes émergents comme la cybercriminalité et la maltraitance envers les aînés.»

Hausse des constats d’infraction
Alors que la criminalité a drastiquement diminué sur l’ensemble du territoire du SPAL, les constats d’infraction, eux, ont augmenté de 16,1% en 2016.

Le directeur explique que ces chiffres ne doivent pas être nécessairement interprétés de façon négative, soulignant que si plus de constats ont été distribués, c’est que les policiers ont été plus présents sur le terrain.

«S’il y a plus de délits enregistrés, c’est parce qu’il y a avait plus de policiers sur le terrain et qu’ils étaient encore plus visibles que lors des années précédentes, explique Fady Dagher. Le but n’est pas de seulement faire de la répression, mais de changer durablement le comportement des usagers de la route. Ça nous a également permis d’avoir un meilleur bilan au chapitre du nombre de personnes blessées dans des accidents de la route, qui a considérablement diminué l’an dernier.»

Les décès dans des accidents de la route ont baissé de 33,3%, passant de 6 en 2015 à 4 en 2016 et le nombre de blessés graves, de 43,9%, passant de 41 en 2015 à 23 l’an dernier.

Importante baisse des enquêtes en déontologie
En 2016, les enquêtes en déontologie policière ont diminué de 25,8% par rapport à 2015 et de 40,6% par rapport à 2011. Une tendance dont se félicite le directeur du SPAL Fady Dagher.

«Notre organisation est saine. Les chiffres sont très encourageants, mais comme organisation, chaque enquête en déontologie en est une de trop. Il faut donc continuer à travailler sur la formation et la sensibilisation au sein de notre organisation.»

 

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